Cyclisme

16 mars 2020 08:00; Act: 16.03.2020 11:30 Print

«Chercher d’autres défis pour motiver nos coureurs»

CYCLISME - Entraîneur de Maximilian Schachmann (Bora-Hansgrohe) qui a remporté Paris-Nice samedi, le Luxembourgeois Dan Lorang évoque l'incertitude sur la suite de la saison.

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Entraîneur en chef de l’équipe Bora-Hansgrohe, Dan Lorang (d.) est ravi du succès de Maximilian Schachmann (g.).

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L'essentiel:Comment avez-vous vécu la victoire de Maximilian Schachmann? Dan Lorang: C’est un grand moment. Quand on connaît le palmarès de cette course c’est quelque chose d’exceptionnel. Cela va donner beaucoup de motivation à Max et à tout le staff. Cela confirme son potentiel, il peut gagner de grandes courses.

Il a dominé ce Paris-Nice, même raccourci d’une étape, du début à la fin… L'annulation de la dernière étape ne change pas grand-chose. Max a montré qu’il est bon en chrono, en montagne, il prend les bonnes décisions. Dans les yeux d’un entraîneur, c’est le plus important.

Le début de saison de votre groupe était très bon… Paris-Nice n’est que la deuxième course à étapes d’une semaine que nous gagnons après le Tour de Turquie 2019. C’est exceptionnel. Nous sommes aussi contents du développement de Lennard Kämna. Peter Sagan était aussi sur la bonne voie. Jempy Drucker était lui très fort l’an passé avant les chutes. Il est bien revenu et a besoin de courses et d’un peu de réussite.

L’interruption liée au coronavirus doit ruiner tous vos plans… Il faut d’abord penser à la santé des athlètes. On ne sait pas ce qui va arriver. On essaie de leur donner de nouveaux objectifs car ils savent bien que le Tour des Flandres ou le Giro sont compromis. On cherche d’autres défis plus lointains ou par exemple en contre-la-montre. On cible moins des courses que des objectifs physiologiques. Qu’ils soient prêts quand ça reprendra.

Comment vivront-ils cela? Cela dépend. Un coureur n’a pas nécessairement besoin de courses pour être en forme. Ce sont des athlètes qui s’entraînent très dur. En revanche l’absence de courses crée un trou de motivation. C’est ce qu’on va devoir éviter semaine après semaine. Objectivement il ne devrait pas y avoir de courses avant mi-mai voir fin mai.

«Les coureurs pros gardent le droit de rouler dehors»

Les coureurs vont-ils être en vacances? Non ils doivent continuer sinon là effectivement tout le travail réalisé sera jeté par la fenêtre. Mais si la pause s’éternise, il faudra envisager des périodes de récupération.

Ont-ils peur? Il y a une inquiétude. Mais à ce stade il semble que dans 80% des cas il n’y a pas de danger avec la maladie et qu’après deux semaines on peut en être remis. La difficulté c’est l’incertitude. Pendant Paris-Nice, certains avaient aussi peur de ne pas pouvoir rentrer auprès de leurs familles, suite à la fermeture de frontières

Fallait-il disputer Paris-Nice? Notre équipe et nos sponsors ont décidé de faire confiance à l’organisateur et aux autorités. Les retraits ont suscité des questions auxquelles nous avons répondu en interne. Je suis pour que l’UCI ou les autorités décident. Ce n'est pas aux équipes ou aux coureurs de le faire. Sinon cela laisse penser que certaines équipes protègent leurs coureurs et d’autres les exposent. C’est faux.

Comment allez-vous organiser l’entraînement? Nous avons prévus un meeting via Skype. L’idée serait de planifier, quand ce sera possible, des petits camps d’entraînement à trois ou quatre personnes. Nos coureurs sont des pros. Ils gardent partout le droit e rouler dehors, de faire leur métier. Ils ne peuvent simplement pas s’entraîner en groupe.

(Receuilli par Nicolas Martin/L'essentiel)