Sylvain Caillot

13 février 2012 21:19; Act: 14.02.2012 12:59 Print

«Chaque sportif a son propre environnement»

Comme Interactive One, dirigée par Sylvain Caillot, des sociétés organisent la communication de stars du sport sur Internet.

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Tony Parker, Amélie Mauresmo, Jo-Wilfried Tsonga, Nenê, Yann M'Vila et Kevin Gameiro sont accompagnés par Interactive One. (photo: ©interactive-one.fr)

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L'essentiel: Qui sont vos clients actuels?

Sylvain Caillot: Les athlètes ont une renommée internationale. Même si je travaille en majorité pour des sportifs français, j'ai été amené durant ces dernières années à apporter du conseil et de l'accompagnement pour des sportifs suisses, belges et même jusqu'au Brésil avec Nenê, l'attaquant du Paris Saint-Germain.

Quand la nécessité pour des sportifs de construire leur image sur le web est-elle née?

Je travaille depuis plus de sept ans dans l'accompagnement de la communication et le développement de l'image des sportifs sur Internet. Tony Parker, Amélie Mauresmo notamment ont fait appel à mes services pour maîtriser leur communication et ne pas être «dépendants» de la presse traditionnelle. À l'époque, pas de Twitter ni de Facebook, mais j'ai toujours accordé une part très importante au développement de communautés autour de chaque sportif en mettant en place des forums de discussions, des chats events, etc. Le but étant que chaque sportif développe son propre univers.

Quels sont vos modèles à l'étranger?

Je regarde plus ou moins de près ce qui se fait à l'étranger, mais il n'y a pas d'influence particulière. La France a toujours été un pays avec une culture du web social très développée, le côté communautaire et les discussions y prenant une place importante… C'est dans ce sens que l'on continue de travailler pour les sportifs avec les outils d'aujourd'hui...

En quoi consiste votre mission?

Ma mission, conseiller, accompagner le sportif tout au long de sa carrière dans sa stratégie de communication sur Internet. La base de communication reste bien évidemment le site web officiel, Facebook et Twitter servant de relais pour informer les fans, les médias et autres, en temps réel, quand une information officielle vient d'être publiée.

Êtes-vous jugé au nombre de fans ou de followers?

Non, pas de course au nombre de fans. L'objectif est bel est bien sur Facebook et sur Twitter de développer de véritables communautés de personnes qui aiment le sportif et souhaitent recevoir des informations en sa provenance ou même échanger en live avec lui. Je ne suis pas pour cette course effrénée au buzz et au nombre de followers… L'objectif prioritaire est bel et bien toujours l'image de l'athlète.

Quels liens entretenez-vous avec les sportifs?

J'entretiens de très bons rapports avec les sportifs dans la mesure où la relation de confiance est quelque chose d'essentiel dans mon travail avec eux. Mais il y a aussi le travail de l'agent, de l'attaché de presse, celui des sponsors, tout ce petit monde doit travailler avec un objectif commun. Mon rôle peut donc s'apparenter à celui d'un chef de projet dédié à la communication et au marketing digital du sportif.

Comment les recruter?

Ce sont toujours les sportifs ou leurs agents qui ont fait appel directement à mes services car ils veulent du sur-mesure. Du moment que l'on répond parfaitement à leurs besoins, que l'on est proactif avec eux, ils sont très satisfaits. Travailler avec les plus grands aide aussi beaucoup à s'accorder la confiance d'autres sportifs qui peuvent avoir aussi de grandes ambitions ou qui sont très médiatisés.

Ont-ils chacun des exigences différentes?

Oui, chaque sportif est différent, chacun à son propre environnement, chaque sport a sa culture, etc. Il faut donc toujours s'adapter et être au plus près de leurs désirs mais aussi des attentes de leurs fans et des médias.

Que vous demande par exemple un Tony Parker?

Tony Parker travaille avec un agent d'image, un attaché de presse, ce qu'il souhaite, c'est être à la pointe et maîtriser sa communication. C'est l'un des premiers sportifs que j'aie conseillé pour venir sur les réseaux sociaux, à s'investir pour les fans. Je suis donc pour lui et ses conseillers une force de proposition sur ce qu'il faut ou ce qu'il ne faut pas faire sur Internet. Après, ils restent libres de leurs choix.

Dans quelle fourchette de prix se situent vos prestations?

Tout dépend de la structure avec laquelle travaille le sportif. Je peux être plus un «chef de projet» lorsque l'environnement est déjà bien en place autour de lui, ou prendre moi-même les différentes casquettes que peuvent être l'attaché de presse ou le conseiller en image. Mon rôle est de m'adapter et répondre de la meilleure des façons aux besoins de chaque athlète.

Aujourd'hui la presse épie la communication web des sportifs. Un article peut être écrit à partir d'un statut Facebook. Comment gérez-vous cela?

Le site Internet sert avant tout de base pour la communication de chacun. C'est très important de garder ce lien! Je ne travaille pas pour faire du buzz pour mes clients. Le but ultime est que sa communication soit la plus claire possible pour les médias et pour les fans. Facebook est un relais d'information où les supporters peuvent ensuite réagir et échanger en direct. Cela n'a au final pas révolutionné ma façon de travailler. Simplement, aujourd'hui, tout est plus dans l'instantané. Lorsque Mamadou Sakho ou Yann M'Vila sortent du terrain après un match de l'équipe de France ou en club, j'ai un SMS ou un appel depuis le vestiaire pour qu'ils me donnent leur réaction sur le match. Ce qui est sur le site et sur Facebook devient donc exclusif et instantané! La presse, c'est après et pas toujours obligatoire.

Les fans ne sont-ils pas déçus en apprenant que ce ne sont pas les sportifs qui lisent les commentaires ou répondent?

L'information peut être écrite quelquefois par le sportif lui même!! Mais sinon, je fais en sorte que son discours soit parfaitement et le plus fidèlement retranscrit, chose qui n’est pas toujours le cas dans les médias! On retient parfois le petit mot ou la petite phrase pour faire le buzz. Sur le site officiel et la page Facebook, l’information est en provenance directe de la source. Cela engage généralement de vrais flots de discussions ensuite entre supporters. C’est là que Facebook prend tout son intérêt.

Propos recueillis par Nicolas Martin