JO de Tokyo

21 novembre 2019 11:02; Act: 25.11.2019 12:25 Print

Servir ou non de la nourriture de Fukushima?

Le Japon souhaite servir aux athlètes du riz, des fruits, du bœuf et des légumes provenant de Fukushima. Le Comité international olympique doit trancher.

Fukushima souhaite servir notamment son riz aux sportifs des JO.

Sur ce sujet
Une faute?

Prouver au monde que la nourriture de la région de Fukushima est saine, malgré la catastrophe nucléaire de 2011, c'est le but du gouvernement japonais depuis des années. Mais va-t-on servir des mets de la région durant les JO l'an prochain? Cette question n'est pas tranchée pour le Japon, qui voit dans les Jeux olympiques de Tokyo, l'occasion d'afficher la renaissance du Nord-Est du pays, affecté par le tsunami et la catastrophe nucléaire de mars 2011.

Les aliments qui seront fournis au village olympique et servis aux athlètes doivent respecter, quelle que soit leur région d'origine, des normes précises. «La région de Fukushima a proposé des aliments émanant de 187 fournisseurs et se place en deuxième position des provinces en nombre de produits remplissant les critères, après la région septentrionale de Hokkaido», explique Shigeyuki Honma, directeur adjoint de la division de l'agriculture et des forêts pour la préfecture de Fukushima.

Concrètement, «Fukushima souhaite servir aux athlètes son riz, ses fruits (pêches, poires, pommes, fraises), du bœuf et des légumes. Mais le Comité international olympique (CIO) doit encore décider», indique Shigeyuki Honma. Le gouvernement japonais impose une sévère limite de 100 becquerels par kilogramme (Bq/kg), bien en-deçà des normes habituelles dans l'Union européenne, de 1 250 Bq/kg, et aux États-Unis, de 1 200 Bq/kg.

Menace sud-coréenne

Selon les chiffres officiels, sur la seule année d'avril 2018 à mars dernier, 9,21 millions de sacs de riz ont été contrôlés, pas un seul dépassant les strictes normes de présence de césium radioactif. Idem pour 2 455 échantillons de fruits et légumes, 4 336 morceaux de viande et 6 187 poissons de mer. Finalement, «seuls des poissons de rivière et champignons sauvages ont à 6 reprises en tout dépassé la norme», assure Kenji Kusano, directeur du Centre technologique agricole de la préfecture de Fukushima, situé à Koriyama. Ce lieu a été désigné par le gouvernement comme le site principal de contrôle des produits alimentaires de la région.

Derrière les chiffres, la défiance de nombre de pays demeure. La Chine, la Corée du Sud, Singapour, les États-Unis continuent d'interdire l'importation de tout ou partie des aliments originaires de la province de Fukushima. La Corée du Sud, dont les relations avec le Japon sont au plus mal en raison de conflits historiques, a par anticipation protesté contre la possibilité de menus conçus à partir de produits de Fukushima pour les athlètes lors des JO. Séoul étudie la possibilité d'effectuer des contrôles et même d'apporter ses propres aliments pour nourrir ses équipes sportives.

L'une des raisons de la défiance est que les contrôles sont faits sur ordre du gouvernement, qui a choisi l'organisme pour les conduire, souligne Kenji Kusano. Même si les appareils de mesure sont contrôlés par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), aucune structure indépendante ne vient certifier les tests eux-mêmes. «Généralement, les citoyens japonais font confiance au gouvernement et nous n'avons pas vu la nécessité de contrôles par des tiers indépendants. Mais je me rends compte avec votre question que c'est peut-être important du point de vue des étrangers», a répondu Kenji Kusano.

Bout du tunnel

Le CIO indique que la réflexion continue. «Les menus et fournisseurs pour le village olympique sont en cours de discussions et rien n'est décidé. Comme pour les précédents jeux, le CIO travaille avec le Comité d'organisation et des nutritionnistes internationaux pour proposer des nourritures variées répondant aux différents besoins diététiques et culturels», se contente de répondre un porte-parole du CIO.

«L'une de nos stratégies est de soutenir la reconstruction de la région en achetant ses produits alimentaires. Nous envisageons donc sérieusement de le faire», a de son côté indiqué le comité Tokyo 2020, arguant que «le Japon a adopté un système de contrôle plus prudent encore que les normes internationales».

Patience

En attendant que quelqu'un décide officiellement quelque chose, les agriculteurs et pêcheurs de la région patientent tant bien que mal. Certains, comme le cultivateur de poires japonaises «nashi» Tomio Kusano à Iwaki, après 8 ans et demi, voient le bout du tunnel: sa production se vend bien au Japon, et le Vietnam lui en achète.

Mais les pêcheurs de la même région, eux, souffrent encore, faute d'avoir reconstitué leurs forces d'autrefois (main-d'œuvre, matériel): «Ils ne sont pas assez nombreux et les quantités de poissons prises ne représentent encore que 15% du total d'avant l'accident», indique Kyoichi Kamiyama, directeur du département radioactivité du Centre de recherche de la pêche et des milieux marins de la préfecture de Fukushima.

(L'essentiel/afp)

Vous venez de publier un commentaire sur notre site et nous vous en remercions. Les messages sont vérifiés avant publication. Afin de s’assurer de la publication de votre message, vous devez cependant respecter certains points.

«Mon commentaire n’a pas été publié, pourquoi?»

Notre équipe doit traiter plusieurs milliers de commentaires chaque jour. Il peut y avoir un certain délai entre le moment où vous l’envoyez et le moment où notre équipe le valide. Si votre message n’a pas été publié après plus de 72h d’attente, il peut avoir été jugé inapproprié. L’essentiel se réserve le droit de ne pas publier un message sans préavis ni justification. A l’inverse, vous pouvez nous contacter pour supprimer un message que vous avez envoyé.

«Comment s’assurer de la validation de mon message?»

Votre message doit respecter la législation en vigueur et ne pas contenir d’incitation à la haine ou de discrimination, d’insultes, de messages racistes ou haineux, homophobes ou stigmatisants. Vous devez aussi respecter le droit d’auteur et le copyright. Les commentaires doivent être rédigés en français, luxembourgeois, allemand ou anglais, et d’une façon compréhensible par tous. Les messages avec des abus de ponctuation, majuscules ou langages SMS sont interdits. Les messages hors-sujet avec l’article seront également supprimés.

Je ne suis pas d’accord avec votre modération, que dois-je faire?

Dans votre commentaire, toute référence à une décision de modération ou question à l’équipe sera supprimée. De plus, les commentateurs doivent respecter les autres internautes tout comme les journalistes de la rédaction. Tout message agressif ou attaque personnelle envers un membre de la communauté sera donc supprimé. Si malgré tout, vous estimez que votre commentaire a été injustement supprimé, vous pouvez nous contacter sur Facebook ou par mail sur feedback@lessentiel.lu Enfin, si vous estimez qu’un message publié est contraire à cette charte, utilisez le bouton d’alerte associé au message litigieux.

«Ai-je le droit de faire de la promotion pour mes activités ou mes croyances?»

Les liens commerciaux et messages publicitaires seront supprimés des commentaires. L’équipe de modération ne tolérera aucun message de prosélytisme, que ce soit pour un parti politique, une religion ou une croyance. Enfin, ne communiquez pas d’informations personnelles dans vos pseudos ou messages (numéro de téléphone, nom de famille, email etc).

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 48 heures a été désactivé en raison du très grand nombre de commentaires que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.