Tennis

25 septembre 2020 21:53; Act: 25.09.2020 21:59 Print

Nadal n’aime rien de ce Roland-​​Garros spécial

L’Espagnol n’aime ni le froid, ni le silence, ni les balles de Roland-Garros. Mais il promet de s’adapter, comme d’habitude.

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Rafael Nadal dit qu’il n’est pas inquiet. Ou peut-être juste un peu… (photo: keystone-sda)

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À quelques mimiques près, Rafael Nadal n’a pas montré trop de nervosité. Mais les mots, tous choisis avec précaution, n’ont rien dissimulé de ses sentiments: «Froid», «lourd», «extrême», «étrange», «triste». «Je crois pouvoir dire que je n’ai jamais joué dans de telles conditions de toute ma carrière», a lâché le Majorquin, vendredi, au cours de sa conférence de presse inaugurale.

Arrivé de Rome où il avait effectué sa rentrée après six mois d’isolement (défaite en quart contre Diego Schwartzman, 6-2 7-5), Nadal a trouvé à Roland-Garros un climat qu’il connaît peu, et qu’il ne semble pas apprécier davantage. «Le temps est tellement froid… Aujourd’hui, il faisait 9°C à Paris. C’est une météo limite pour disputer un tournoi en plein air».

La pluie, parfois la grêle, ont achevé de transformer les courts en terre de labeur. «Les balles sont très lentes, et très, très lourdes, a insisté le maître des lieux, douze trophées. Mais les conditions climatiques ne sont pas la seule raison à ce problème. Ces balles-là, je les ai déjà testées à Majorque, avant mon retour à la compétition. D’un point de vue personnel, je trouve qu’elles ne sont pas du tout faites pour jouer sur terre battue. Elles pèsent une tonne! Au bout d’un moment, elles deviennent presque dangereuses pour l’épaule et le coude. Cela dit, je n’ai pas d’autre choix que de m’adapter».

Chercher «les bonnes énergies»

Adaptation: le mot est venu ponctuer chaque séquence comme un leitmotiv, parfois une injonction. «Pour nous tous, la situation est très étrange, a reconnu Nadal. Il y a le froid et le vent, bien sûr. Mais aussi le décor. C’est triste de voir ces stades déserts, triste de donner une conférence de presse dans une pièce vide, avec vous (ndlr : les journalistes) dans la salle d’à côté. Je trouve ça bizarre, mais c’est comme ça. Nous aurons tous besoin d’un temps d’adaptation. Nous aurons surtout besoin de bonnes énergies pour accepter la situation, aborder les problèmes un à un, au jour le jour. Je suis là pour me battre, pour jouer avec la plus haute intensité possible, pour rester positif quoi qu’il advienne. Je suis relax, je sais que c’est une année spéciale, voilà...»

Nadal sait aussi que ce Roland-Garros fera appel à des qualités de résilience dont la plupart de ses semblables, à ce niveau de contrariétés, sont généralement dépourvus: «Personne n’aime jouer dans ces conditions, c’est clair», avoue-t-il. Pour autant, sur le fond, l’Espagnol ne remet pas en question la pertinence même du tournoi: «Nous pouvons seulement dire merci à l’US Open, merci à Roland-Garros, d’organiser un événement dans un contexte aussi difficile. Notre corporation leur est reconnaissante de pouvoir enfin réexercer son métier». Même si les temps seront particulièrement durs et froids?

(L'essentiel)