Act. 03.04.09; 08:27 Pub. 03.04.09; 08:11
Les listes de l’OCDE font des vagues
Aussitôt que les catégories de paradis fiscaux ont été dévoilées, les protestations des pays incriminés se sont faites entendre.
La Suisse et l'Uruguay ont assuré coopérer avec les autres pays. (DR)
La Suisse «déplore» avoir été placée sur une nouvelle liste grise (dans la même catégorie que le Luxembourg) des paradis fiscaux de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), a indiqué jeudi soir le président de la Confédération et ministre des Finances Hans-Rudolf Merz. Le ministre, qui a «pris acte» de cette nouvelle liste, «déplore le procédé», selon un communiqué du ministère des Finances, rappelant que la Confédération, qui a assoupli courant mars son secret bancaire en se conformant aux normes de l'OCDE, «n'est pas un paradis fiscal».
La Suisse «tient toujours ses engagements», a souligné M. Merz, regrettant de ne jamais avoir «été associé aux discussions qui ont mené à l'établissement de la liste», alors que la Confédération est membre de l'OCDE. Les autorités helvétiques «vont s'efforcer d'obtenir que d'autres États améliorent également la transparence de leurs marchés financiers».
L’Uruguay proteste
Placé sur la liste noire (avec le Costa Rica, la Malaisie, les Philippines), un petit État sud-américain, s'est défendu d'être un paradis fiscal, vantant la solidité de son système financier. «L'Uruguay n'est pas un paradis fiscal», a réagi le président de la Banque centrale uruguayenne (BCU), Mario Bergera, lors d'une conférence de presse. Il a notamment souligné la «solidité» et le «sérieux» du système financier uruguayen, insistant sur la réforme fiscale lancée en 2007 par le président Tabaré Vazquez, premier dirigeant de gauche dans l'histoire de ce pays d'un peu plus de 3 millions d'habitants.
Selon le président de la BCU, l'Uruguay dispose désormais de normes sévères en matière de «supervision et de régulation», avec notamment la suppression des sociétés anonymes d'investissement financiers (Safi).
L'Uruguay dispose d'accords internationaux avec ses voisins d'Argentine et du Brésil, mais aussi avec les États-Unis et l'Espagne en matière de «blanchiment d'argent et de terrorisme», selon la BCU. «En Uruguay, nous ne sommes pas et nous ne voulons pas être un paradis fiscal. L'Uruguay n'est pas un monastère, mais ce n'est pas non plus un casino», avait lancé le président Vazquez, lors d'un récent sommet des dirigeants progressistes au Chili.
lessentiel.lu avec AFP