Act. 29.05.08; 17:54 Pub. 29.05.08; 16:37
Les couloirs de Working Worlds sont pleins de candidats bronzés et aux larges épaules, et de jeunes femmes aux formes élégantes. Normal, direz-vous, nous sommes dans Second Life et les avatars des candidats et recruteurs ont toujours des mensurations de top models.
Dans une des bâtiments aux formes futuristes, rencontre avec Gary Cywie, associé en charge du département Technologies & IP chez
Noble & Scheidecker, cabinet d’avocats.
L’essentiel.lu: C'est la première fois que vous participez à un salon virtuel?
Gary Cywie, associé en charge du département Technologies & IP chez Noble & Scheidecker, cabinet d’avocats: Oui. Nous avons décidé de participer à cette belle expérience car, étant un cabinet spécialisé également en droit des nouvelles technologies, nous nous devions d'être présents. Ce qui nous a attiré en premier, c'est bien entendu le côté novateur de l’évènement.
Ensuite, au niveau des possibilités offertes. Sur Working Worlds, il est possible d'échanger avec des personnes qui habitent loin et que nous n'aurions peut-être jamais rencontré autrement. Nous étendons ainsi notre zone de recrutement.
Vous avez rencontré combien de personnes en ce début d’après-midi?
Nous avons rencontré une dizaine de personnes dont une personne Grenobloise, une autre de Paris, une autre du Canada et une dernière de Malaisie. Nous avons mené trois entretiens sérieux (sérieux veut dire que nous envisageons de les rencontrer en personne) ce matin.
Et êtes-vous satisfait, pour l'instant?
Oui, plutôt. Je ne pense pas que nous aurions eu autant de candidats en si peu de temps dans la «vraie vie»! Si cela peut déboucher ne fût-ce que sur une embauche, cela en vaut la peine à mon sens. Mais je ne pense pas que, à ce stade, il s'agisse d'une méthode de recrutement qui supplantera un mode plus "classique". C'est néanmoins une méthode complémentaire intéressante. Il faut ajouter que plus ce mode de recrutement sera connu et utilisé par les candidats comme par les recruteurs, plus il sera répandu.
Concernant l'économie que ce mode permet de faire, on peut quand même affirmer qu'il est possible de très rapidement de cerner si le candidat est intéressant ou non ou si le poste ou la société lui convient. Ainsi, parfois en quelques phrases l'entretien est fait. Donc gain de temps et aussi gain en termes de déplacements puisque le candidat peut rester chez lui, tout comme le recruteur au bureau.
Quelque chose vous a-t-il marqué chez les candidats sur Second Life par rapport à la «vie réelle»
Disons que le fait qu'ils s'intéressent à ce mode de recrutement est déjà en soi un signe d'une certaine ouverture d'esprit. Par ailleurs, plus spécifiquement dans le cadre de cette «job fair», nous avons remarqué que les candidats ont un profil de haut niveau (soit d'études soit en expérience).
Quelles sont les limites de ce type de recrutement, selon vous?
Une question qui peut se poser: arrivera-t-on à recruter quelqu'un sur second life sans le voir dans la «vraie vie»? Et, si oui, quels peuvent êtres les conséquences juridiques d'un tel acte... Il est difficile de recruter quelqu'un alors qu'on ne connaît pas forcement sa réelle identité. Ceci dit, le fait que l'on puisse avoir accès à la CVthèque en avance est intéressant.
Recueilli par Guillaume Guichard