Act. 03.04.09; 09:34 Pub. 03.04.09; 09:24
«Je trouve le traitement qui est réservé à certains États un peu incompréhensible», a déclaré M. Juncker, à son arrivée à une réunion du forum des ministres des Finances de la zone Euro (Eurogroupe) qu'il préside. Il réagissait
aux listes sur les paradis fiscaux publiées la veille juste après le sommet des grandes puissances par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
Si le Luxembourg a échappé à la liste noire de l'OCDE, il figure toutefois sur une
liste dite «grise» de 38 pays, avec la Suisse, l'Autriche, la Belgique, le Liechtensetein, Andorre, Monaco, les Bermudes ou les îles Caïmans.
Le Delaware en ligne de mire
Selon l'organisation, ces États se sont certes engagés à respecter les critères internationaux en matière de transparence bancaire et fiscale mais ne les ont pas «substantiellement» appliqués. M. Juncker a de nouveau critiqué le fait que les Américains aient échappé à tout reproche dans ce domaine. Sur les listes de l'OCDE, «j'ai constaté que certains États des États-Unis n'y figurent pas», a-t-il dit.
Mardi à Bruxelles, devant le Parlement européen, M. Juncker
avait nommément cité les États américains du Delaware, du Wyoming et du Nevada comme des paradis fiscaux. «Si liste il doit y avoir, l'Amérique doit trouver sa bonne place», avait-il insisté. En raison de sa fiscalité très faible (pas d'impôts sur les bénéfices), le Delaware est un État américain très prisé des sociétés off-shore, c'est-à-dire non résidentes. Elles y établissent leur siège social sans y exercer aucune activité et sans que ses dirigeants n'y soient domiciliés. Aujourd'hui, plus de la moitié des 500 plus grosses fortunes et 43% des sociétés cotées à la Bourse de New York sont domiciliées dans le Delaware.
lessentiel.lu avec AFP