Act. 01.02.08; 11:19 Pub. 01.02.08; 11:19
L'humour british ne passe pas au Parlement
Un eurodéputé britannique était menacé vendredi d'expulsion de son groupe parlementaire pour avoir comparé les méthodes du président allemand du Parlement à celles d'Adolf Hitler.
Daniel Hannan lisant un journal lors d'une séance plénière en 2005. (archive afp)
Dénonçant l'interprétation faite par Hans-Gert Pöttering de ses pouvoirs de président du Parlement, Daniel Hannan a déclaré jeudi qu'il serait "presque tenté de la comparer à la Emächtigungsgesetz de 1933", la loi qui a donné tous les pouvoirs à Hitler. "Mais je crois que ce serait disproportionné et peut-être un peu grossier envers notre président qui est un démocrate et un homme convenable", a-t-il ajouté.
Cette déclaration a immédiatement été dénoncée comme "inacceptable" par le président de son groupe du Parti populaire européen (PPE, conservateur) Joseph Daul qui a annoncé le démarrage d'une procédure d'expulsion du groupe dont est membre M. Pöttering.
Le président allemand du groupe socialiste est allé plus loin en demandant à David Cameron de l'exclure du parti conservateur britannique, selon un communiqué du PSE.
"La comparaison du président Pöttering à Hitler était absolument honteuse", a continué le socialiste Richard Corbett. "Ce n'est pas une question de liberté d'expression, mais simplement de savoir si lui et d'autres ont un droit absolu de retarder les procédures du Parlement s'ils le veulent", a-t-il ajouté.
Sur le fond, la protestation de M. Hannan vise une décision adoptée jeudi en séance plénière qui donne à son président le droit d'annuler les demandes de vote par appel nominal lorsqu'il considère qu'elles ont uniquement pour but de faire de l'obstruction.
Lors de la précédente session plénière en janvier à Strasbourg, le groupe eurosceptique IND/DEM avait demandé un appel nominal pour chaque vote, afin de protester contre l'absence de référendum sur le traité de Lisbonne dans la quasi totalité des États membres. "Il est tellement choquant pour eux qu'on leur demande simplement un référendum qu'ils déchirent leur propre règlement", a commenté M. Hannan, qui lui aussi réclamait l'appel nominal. "Je n'ai pas comparé M. Pöttering à Hitler, je n'ai même pas utilisé le mot «Hitler»", s'est-il encore défendu.