30 janvier 2008 21:03; Act: 30.01.2008 21:06 Print

Pour réparer son image écornée par le Net

Des entreprises de relations publiques américaines chargées de restaurer les réputations ternies sur la Toile par des anonymes, ça existe.

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«N'y allez surtout pas, les serveuses ne sourient jamais», «Ce garage utilise des pièces détachées volées»... Sur le Net, tout le monde peut juger n'importe qui sans vraiment avoir à répondre de ses critiques. Au risque parfois de mettre en péril des réputations. Les États-Unis tentent de trouver une parade.

Alors que l’on dénombre quelque 10 000 recherches par seconde sur le moteur de recherche Google dans le monde, «il est devenu de plus en plus crucial de savoir ce qu’on dit de vous sur Internet», explique Nino Kader, de la société International Reputation Management (IRM), qui se fait fort de restaurer, dans la mesure du possible, l’image de ses clients sur le web.

«À moins que vous ne soyez un ermite, vous serez "googlé"», avertit la cofondatrice de l’entreprise, Christine Schiwietz, également professeur de sociologie à l’université de Georgetown à Washington.

Un groupe d’étudiantes en droit de l’université de Yale a dû faire appel à un cabinet de «restauration d’image» sur Internet, ReputationDefender, après avoir été la cible d’attaques sur un site dédié à leur formation.
«Des messages accusaient certaines étudiantes d’avoir de l’herpès, d’avoir procédé à des avortements. Il y avait même des menaces de viol, de mort», se souvient Danielle Citron, professeur de droit à l’université du Maryland.

Elles ont intenté un procès contre les auteurs de ces attaques mais il y a peu de chance qu’elles obtiennent gain de cause. Les internautes se cachent derrière des pseudonymes et utilisent des technologies de cryptage.
Quant aux tentatives de faire adopter un code de conduite par les auteurs des blogs, «elles sont loin d’aboutir», résume-t-elle.

L’anonymat qu’offre Internet donne aux insulteurs «la force d’être beaucoup plus vindicatifs qu’ils ne le seraient en personne», affirme Christine Schiwietz.

mc (avec afp)