Focus
07 septembre 2010 20:43; Act: 19.09.2010 15:40 Print
Ce que le plan d'austérité va changer pour vous
LUXEMBOURG - Beaucoup d'entre vous ne savent pas à quelle sauce ils vont être mangés. Mise au point.
Au 30 septembre, les allocations familiales disparaîtront pour les enfants de plus de 18 ans (sauf lycéens). Du changement aussi pour le boni. Pour les Luxembourgeois, il sera désormais lié au versement des aides attribuées aux étudiants seulement. Les frontaliers ne touchant pas ces subsides, «leur boni» disparaît purement et simplement. À la place, ils renoueront avec la modération d'impôt. Un système qui avait été abandonné voici quelques années car pénalisant les plus faibles revenus.
Tous les changements résumés ICIIls ont dit
«Quand le DP a proposé de réduire les allocations familiales, la coalition nous a taxés de nationalistes. On dit toujours qu'on ne voit que la paille dans l'œil du voisin...».
«Nous sommes d'accord avec certaines des mesures mais pas quand elles sont discriminatoires, surtout à l'égard des frontaliers».
«Avant les élections, le gouvernement a éludé la crise. Pas étonnant que les mesures actuelles soient mal acceptées».
«Le mécontentement est l'occasion de briser le consensus social qui ne profite qu'à ceux au pouvoir».
Manifestation le 16 septembre
La manifestation organisée par l'OGBL, le LCGB, la FNCTTFEL et le Syprolux se tiendra le 16 septembre, 17 h, sur la place Clairefontaine, à Luxembourg. Tous les salariés sont appelés à se mobiliser.
Pour compenser la perte des allocations familiales, le système d'aide aux étudiants va également changer. Ceci ne concernant que le cas des résidents. À la fin du mois, un seul et même traitement de base: 6000 euros de bourse et 6000 de prêt par an. Par la même occasion, l'État redescendra le niveau maximal des aides accordées aux jeunes du Grand-Duché poursuivant des études supérieures.
Mais la grogne de certains salariés, frontaliers et résidents, porte aussi sur la nouvelle fiscalité annoncée par le gouvernement: hausse de l'impôt de solidarité, création d'un impôt de crise ou encore réduction de moitié de l’abattement pour frais de déplacement. Si elles passent, ces mesures seront effectives à partir du 1er janvier 2011.
Séverine Goffin
Les pertes en frais kilométriques
LUXEMBOURG - Si la mesure est adoptée, les frais kilométrique déductibles des impôts seront divisés par deux. Actuellement, un salarié habitant à plus de 30 km de son lieu de travail déduit 214,50euros par mois. Avec la mesure, la déduction se limiterait à 107,30 euros. «On glose sur l'impact pour les frontaliers, note Jean-Claude Reding, de l'OGBL, en oubliant les résidents». Ainsi, à salaire égal, un Ettelbruckois travaillant à Luxembourg perdrait plus qu'un Villeruptien dans le même cas.
Le compte est bon pour l'État
LUXEMBOURG - Si les nouvelles mesures fiscales sont appliquées, l'État entend «économiser» 89 millions d'euros, et surtout «récupérer» 300 millions.
+43 millions (via la hausse de l'impôt de solidarité);
+85 millions (création d'un impôt de crise);
+40 millions (hausse du taux d'imposition maximal);
+50 millions (baisse des frais de déplacement déductibles);
+35 millions (suppression des allocations familiales au-delà de l'âge 18 ans).
+70 millions (hausse du droit d'enregistrement);
+12 millions (impôt solidarité);
+4 millions (réduction des subventions)
+50 millions (introduction d'une imposition minimale)
La somme récupérée sur un exercice budgétaire est non négligeable mais, en comparaison, suffirait à peine à doubler la voie ferrée entre Pétange et Luxembourg…












