Évolution des mentalités
12 mars 2010 13:03; Act: 12.03.2010 13:18 Print
Les Suisses estiment que leur secret bancaire doit changer
Une majorité de Suisses estime que le secret bancaire pourrait être amenée à changer dans les prochaines années, selon un sondage publié vendredi.
Selon le sondage publiée vendredi, "l'opinion s'est complètement retournée" au cours de ses deux dernières années. (photo: dr)
Quelque 57% des personnes interrogées lors de ce sondage, réalisé auprès de 1 004 personnes, ont estimé qu'il était "improbable" que le secret bancaire reste inchangé dans les cinq prochaines années, contre 38% indiquant que cela est "probable".
La Suisse a accepté en mars 2009 d'assouplir son secret bancaire en se conformant aux règles de transparence et de coopération de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Mais la pression ne s'est pas pour autant relâchée sur la Confédération, qui continue de subir les attaques des grands pays européens et des États-Unis.La banque UBS se trouve ainsi au centre de démêlées judiciaires aux États-Unis, où elle doit divulguer les noms de 4 450 titulaires de comptes soupçonnés d'avoir fraudé le fisc américain. La filiale helvétique d'HSBC a quant à elle admis jeudi que le vol de données secrètes commis chez elle il y a trois ans avait permis à la France de récupérer des informations sur 24 000 clients. En Allemagne, la Rhénanie du nord-Westphalie a finalisé fin février l'achat d'un CD contenant jusqu'à 1 500 noms de fraudeurs du fisc détenteurs de comptes en Suisse.
Sur les neuf dernières années, la proportion de personnes estimant que le secret bancaire demeure inchangé a varié entre 59% et 74%, a rappelé l'Association suisse des banquiers (ASB), ajoutant que cette étude démontrait "que dans une période de deux ans, l'opinion s'est complètement retournée".
73% des Suisses sont pour le maintien du secret bancaire
"Malgré leur fort attachement aux valeurs de la sphère financière privée et le secret bancaire, une majorité de Suisses a réalisé que ce dernier serait sujet à certaines modifications à moyen terme", a souligné l'association. "La grande difficulté des hommes politiques à défendre le secret bancaire contre d'autres pays a provoqué le sentiment dans la population que sa modification était inévitable", a-t-elle poursuivi.
En dépit de ce constat, sept personnes sur dix ont estimé qu'il ne fallait pas céder à la pression européenne et accepter un échange automatique de données bancaires avec l'Union européenne. Et 73% des personnes interrogées ont souligné que le secret bancaire devait être maintenu.
lessentiel.lu avec AFP












