Lien de cause à effet?
02 septembre 2010 16:02; Act: 02.09.2010 16:30 Print
Licenciée pour avoir dénoncé la corruption dans la police
Une responsable régionale de la police russe qui avait dénoncé la corruption de ses services dans la région de Sverdlovsk (Oural), a été limogée pour absentéisme. Des représailles selon l'intéressée.
Tatiana Domratcheva avait diffusé en juillet un vidéo dans laquelle elle dénonçait la corruption au sein des services de police de sa région. (photo: dr)
Tatiana Domratcheva, qui a le grade de lieutenant-colonel, "a été limogée pour une absence d'une semaine au travail sans raisons valables", a indiqué au journal en ligne gazeta.ru le porte-parole régional de la police, Valeri Gorelykh. Mme Domratcheva a pour sa part rejeté cette explication, parlant de mesure de représailles: "Je vais combattre mon licenciement en justice", a-t-elle dit.
Selon un rapport dont les extraits sont publiés jeudi dans le quotidien économique Vedomosti, aucun effort réel n'est fait pour lutter contre la corruption malgré les déclarations dans ce sens du président russe Dmitri Medvedev, qui a ordonné une vaste réforme des forces de l'ordre. En moyenne, sur 25 cas recensés de corruption, un seul donne lieu à la condamnation d'un agent de l'Etat, et cette situation n'a pas changé depuis 2007, ressort-il de cette étude d'un centre anticorruption auprès du ministère russe de la Justice.Selon un rapport indépendant de l'Association des avocats pour les droits de l'homme publié à la mi-août, dont les estimations correspondent à celles de l'ONG Transparency International, la moitié du PIB russe va dans les poches de fonctionnaires corrompus.
"La guerre contre la corruption (annoncée par les autorités, NDLR) n'a pas lieu", a-t-elle déclaré. "C'est absurde, les employés honnêtes sont virés et les chefs coupables de violations sont promus", s'est encore emportée la jeune femme.
En juillet, Mme Domratcheva avait diffusé sur Internet une vidéo adressée au président russe Dmitri Medvedev dans laquelle elle fustigeait la corruption au sein des forces de l'ordre de la région de Sverdlovsk et le gonflement artificiel du taux d'élucidation des crimes.
Nombreux scandales au cœur de la police russe
"Franchement, nous nous serions réjouis si des données et des informations fiables avaient été transmises. Malheureusement, les informations transmises par Domratcheva n'ont pas pu être confirmées par le ministère de l'Intérieur et le procureur", a affirmé M. Gorelykh. Plusieurs policiers qui avaient mis en ligne ces derniers mois des vidéos pour dénoncer des crimes commis par les forces de l'ordre, ont été poursuivis en justice dans la foulée.
Le premier, le commandant Alexeï Dymovski, de Novorossiïsk (sud-ouest), a été destitué, emprisonné pendant un mois et demi, et condamné pour diffamation. Un autre, Mikhaïl Evseev, qui a accusé des policiers d'avoir fabriqué des preuves, a été arrêté la semaine dernière sous plusieurs chefs d'inculpation. La police russe est au cœur de scandales de corruption, d'enlèvements, de meurtres, de tortures et de falsification de preuves.
lessentiel.lu avec AFP












