Act. 08.10.09; 09:09 Pub. 08.10.09; 08:35
Les jeux en ligne, nouvelle drogue à la mode
Des spécialistes de l'addiction craignent une forte augmentation du nombre de joueurs dépendants, en particulier chez les jeunes, avec l'ouverture à la concurrence en France des jeux sur Internet.
Entre 1 à 2% de la population française est déjà accro aux jeux, un phénomène qui devrait augmenter avec le projet de loi actuellement en discussion.
(Photo: afp)
Le gouvernement français fait valoir que le projet de loi sur l'ouverture à la concurrence en 2010 des paris sportifs et hippiques et du poker en ligne, en débat à l'Assemblée nationale, va «réguler» un secteur «qui explose littéralement» avec «plus de 20 000 sites illégaux».
«On a essayé de trouver un équilibre entre le jeu, l'addiction, la maîtrise du jeu», explique le ministre du Budget Eric Woerth. Mais certains spécialistes s'interrogent sur les conséquences sanitaires de cette réforme, qui va permettre aux opérateurs «légalisés» de faire de la publicité pour les jeux en ligne.
Risqua accru de consommation excessive
«Toute offre de jeu supplémentaire est forcément un risque supplémentaire pour les joueurs fragiles», relève un sénateur du Var François Trucy (UMP), auteur d'un rapport sur le sujet en 2002 et présent mardi à une table ronde sur l'addiction aux jeux à Paris.
«L'augmentation de l'offre va multiplier les risques de consommation excessive. Avec la publicité, ça va bien évidemment s'amplifier car on sait que les adolescents y sont très sensibles», s'inquiète aussi Justine Atlan, d'E-enfance, une association de protection de l'enfance sur Internet. «On a déjà plus de plus de cas de parents qui nous disent que les enfants jouent avec leur carte bleue à leur insu», note-t-elle.
Entre 450 000 et 900 000 personnes déjà dépendantes en France
Depuis plusieurs années, les médecins demandent une réelle politique de gestion des addictions au jeu, un phénomène qu'ils voient s'amplifier sur le terrain, mais jamais quantifié en France. La première enquête nationale sur le sujet devrait débuter en novembre pour déterminer l'ampleur du phénomène chez les 12-85 ans et les premiers résultats sont attendus fin 2010, selon l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies.
Pour l'heure, «on estime que 1 à 2% de la population adulte présentent une façon excessive de jouer, soit entre 450 000 et 900 000 personnes en France», explique Jeanne Etiemble, directrice du centre d'expertise collective de l'Inserm. Et seuls 10% des joueurs «pathologiques» font une demande de soin.
lessentiel.lu avec AFP