Act. 06.05.09; 18:01 Pub. 06.05.09; 16:32
«Le ministre allemand des Finances semble avoir définitivement atteint le niveau de propos de comptoir», a déclaré M. Asselborn au site Internet du magazine
Der Spiegel. Ces déclarations sont la preuve d'une «arrogance difficile à dépasser», poursuit-il. M. Steinbrück
a comparé mardi la Suisse, le Luxembourg et l'Autriche, trois pays européens pratiquant encore une forme de secret bancaire, au Burkina Faso.
Le ministre avait déjà créé un incident diplomatique avec la Suisse en mars, avant la tenue du G20 à Londres qui avait à l'ordre du jour la lutte contre les paradis fiscaux. Il avait comparé la Confédération helvétique aux «Indiens qui fuient devant la cavalerie» face aux menaces de figurer sur des listes noires de paradis fiscaux.
«Chaque Luxembourgeois se souvient avec horreur…»
Un député suisse, Thomas Müller, avait répliqué en jugeant que ses méthodes s'apparentaient à celles d'un nazi. Pour M. Asselborn, les nouvelles déclarations du ministre allemand risquent aussi de raviver de mauvais souvenirs laissés par l'Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale, alors que le pays avait annexé le Luxembourg.
«Chaque Luxembourgeois se souvient avec horreur d'une époque où la peur et l'avilissement ont débordé d'Allemagne, au départ à travers des mots et des discours», fait-il valoir. «Un seul millimètre de morgue de hautes autorités allemandes provoque au Luxembourg des réactions que nous aimerions bien éviter», poursuit M. Asselborn.
Le ministre socialiste en appelle à son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier (social-démocrate, SPD), dont il est proche, à ramener M. Steinbrück à la raison.
lessentiel.lu avec AFP