Act. 23.06.09; 22:49 Pub. 22.06.09; 16:35
«Nous produisons ce qu’il y a de plus important dans la vie»
LUXEMBOURG - Les agriculteurs européens ont manifesté leur mécontentement, lundi au Kirchberg, à l’occasion d’un sommet des ministres européens.
«Nous, en tant que jeunes agriculteurs européens, nous exigeons du respect. Nous produisons ce qu’il y a de plus important dans la vie, de la nourriture!» Ceux qui nourrissent le monde ne veulent pas mourir de faim.
Ils étaient entre 3000 et 5000, lundi au Kirchberg, pour mettre un bon coup de pression sur les ministres européens de l’Agriculture, qui devaient prendre des décisions les concernant. Avec quelque 300 tracteurs, ils ont bloqué le quartier européen et se sont réunis en masse sur le parking de Luxexpo, où des leaders syndicaux de tout le continent ont pris la parole pour réclamer un juste prix pour ce qu’ils produisent en «travaillant 7 jours sur 7, toutes les semaines !»
De toute l’Europe, Luxembourg, Allemagne, France, Autriche, Belgique, mais aussi Chypre, Pays Baltes, République Tchèque etc. ils sont venus au Kirchberg faire le même constat alarmant aussi bien pour les producteurs laitiers, de viande ou céréaliers. «Ils faut que nos produits soient achetés plus chers» explique Marion, toute jeune fermière sarroise. «On n’y arrive pas, à 20 centimes le litre de lait.»
Laury, elle, tient une ferme aux côtés de son père, à Rédange-sur-Attert. À 22 ans, elle craint pour son avenir. «Il faudrait que le lait nous soit payé 40 centime le litre. Sinon, nous perdons de l’argent» déplore-t-elle. Toutefois, elle estime que ce «n'est pas au consommateur de payer plus». Comme ses collègue, elle juge que les marges de la grande distribution sont trop élevées par rapport au prix payé.
«La Commission européenne a augmenté les quotas laitiers, ce qui fait baisser son prix» ajoute son amie Vicky, 19 ans, qui milite avec elle dans le syndicat des Jeunes agriculteurs. «Nous voulons donc que les ministres nous entendent. Nous voulons des résultats pour espérer un avenir stable, pour que les jeunes puissent reprendre la ferme de leurs parents.»
Parce que, comme l’affirment plusieurs banderoles, «sans agriculteurs, pas de nourriture».
Jérôme Wiss/lessentiel.lu