Act. 02.12.08; 16:14 Pub. 02.12.08; 12:47
Les actionnaires belges rejettent 3 administrateurs sur 5
Contestant le démantèlement du bancassureur ébranlé par la crise financière, les actionnaires belges de Fortis ont demandé des comptes à la direction.
Ils sont 3000 à demander des comptes à la direction de Fortis. (AFP)
Après les Néerlandais lundi, environ 3 000 actionnaires belges de Fortis ont demandé des comptes mardi à la direction du groupe bancaire belgo-néerlandais, qui a dû être démantelé à cause de la crise financière.
La salle était à moitié vide -5 000 actionnaires s'étaient inscrits pour participer à l'assemblée générale - mais très en colère: sous les sifflets, huées et cris de «démission!» ou «voyous!», la direction avait bien du mal à expliquer aux petits actionnaires l'enchaînement des faits ayant conduit au démantèlement du groupe.
11,2 milliards d'euros injectés
Fortis demande à ses actionnaires d'avaliser un nouveau conseil d'administration. Or, les actionnaires belges de Fortis ont rejeté trois des cinq administrateurs proposés par la direction, dont le capitaine d'industrie belge Étienne Davignon. Lundi aux Pays-Bas, seuls trois des cinq noms proposés ont obtenu ce feu vert.
Acculé par ses investissements dans des actifs à risque et par l'achat d'ABN Amro qui s'est avéré un morceau trop gros à avaler, Fortis a dû accepter dans un premier temps une injection de 11,2 milliards d'euros par les États belges, néerlandais et luxembourgeois.
Ne reste que des actifs toxiques
Ces États ont pris en échange une participation dans la filiale bancaire de leur pays respectif. Les Pays-Bas ont ensuite nationalisé l'essentiel des activités néerlandaises, tandis que le groupe français BNP Paribas a trouvé un accord pour prendre le contrôle de la majorité des activités de banque et d'assurance en Belgique et au Luxembourg. Dans le groupe Fortis dont les petits actionnaires détiennent des titres, il ne reste que des actifs à risque, et l'action a perdu la presque totalité de sa valeur.
«Je me demande pourquoi vous vous êtes inféodés à la botte de ministres incompétents», a explosé un homme se décrivant comme un «actionnaire de Fortis, à condition que ça veuille encore dire quelque chose». «Il ne reste à Fortis que des actifs toxiques, des dettes et des procès à intenter», a aussi estimé un représentant du cabinet de conseil Deminor, qui dit représenter 14 000 actionnaires.
Et de juger «assez choquant qu'une partie du conseil d'administration demande à être réélu. On lui a donné les clés de la voiture, il l'a collée contre un mur et il demande à ce qu'on les lui redonne aujourd'hui», a-t-il accusé.
lessentiel.lu avec AFP