Exutoire à la pandémie…

04 août 2020 15:14; Act: 04.08.2020 16:35 Print

À Paris, les fêtes techno clandestines se multiplient

Du jamais vu depuis les 90's. Il aura suffi d'une épidémie, de la fermeture des clubs et d'un relâchement des autorités pour que Paris devienne un sanctuaire de la «free party».

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Certaines de ces fêtes clandestines, aux portes de Paris, ont rassemblé en juillet jusqu'à un millier de personnes. (photo: AFP)

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L'épicentre de ce phénomène, qui fait bruisser d'excitation une partie de la jeunesse parisienne, se trouve dans le bois de Vincennes, à portée de métro, à l'est de la capitale. Il faut marcher plus d'un quart d'heure, s'orienter au bruit des «boom boom» avant de déboucher sur l'une des dizaines de scènes musicales disséminées en toute illégalité dans les profondeurs du bois.

Certaines de ces «free party», aux portes de Paris, ont rassemblé en juillet jusqu'à un millier de personnes. «Je n'avais jamais vu ça, c'était complètement fou», témoigne l'organisateur de fêtes Illa Gianotti, cofondateur du collectif «Sœurs Malsaines».

«C'est arrivé timidement. Petit à petit les collectifs ont commencé en mai à remettre le nez dehors, avec des premières fêtes discrètes, il nous a pas fallu grand-chose, juste sortir la platine du salon, louer un générateur et une sono et installer quelques guirlandes lumineuses», confirme Antoine Calvino.

«Pas beaucoup d'alternatives»

À la tête du collectif Microclimat, il a été l'un des premiers à avoir posé ses platines dans le bois, dès le déconfinement en mai. «Avec la sortie du confinement, la pression était très forte, les discothèques et même les bars étaient toujours fermés et il n'y avait pas beaucoup d'alternatives pour revoir ses amis et faire la fête», explique-t-il. «Or, la fête est vitale. Pour certains, c'est un mode de vie parallèle, le moment pour se défouler et se retrouver. C'est un exutoire et une zone de tolérance sans égal», ajoute-t-il.

Mais la nouvelle vie secrète et nocturne du bois a fini par s'ébruiter. La police a commencé à intervenir mi-juillet, pour disperser les fêtards et saisir le matériel des organisateurs. La Mairie de Paris, en charge des Parcs et Jardins, reconnait avoir été «surprise par l'ampleur du phénomène» et tente de trouver en urgence les moyens d'encadrer cette pratique.

«Faire de la prévention»

«Il y a un vrai phénomène culturel et social qui se passe en ce moment et nous à la Mairie nous ne voulons pas envoyer la maréchaussée, on veut rendre les choses possibles», assure à l'AFP, Frédéric Hocquard, adjoint à la vie nocturne. «Notre approche est de trouver un dispositif, avec des endroits autorisés où l'on sait ce qu'il se passe, où les collectifs se déclarent au préalable et où l'on peut faire de la prévention, que se soit pour les risques habituels (alcool, drogues, MST) et ceux dus à l'épidémie», assure M. Hocquard.

À l'autre bout de Paris, les adeptes du mouvement «free party», rompus depuis les années 90 aux terrains boueux et aux murs de sons des festivals technos, sont en pleins préparatifs pour la soirée clandestine «Transe ta Race». Eux aussi font le plein de jeunes fêtards déconfinés, certains néophytes au sein du milieu des «free party», qui a la réputation d'être assez extrême en terme de style musical (trance et dub) et de consommation de stupéfiants.

«Il (le public des boîtes de nuit) est toujours venu mais disons qu'en ce moment, vu que les soirées technos sont un peu arrêtées, c'est la seule alternative», explique à l'AFP, l'organisatrice du soir, qui répond au pseudo de Geutto Blaster One.

L'adresse du lieu squatté a été donnée au dernier moment via une messagerie vocale dédiée. Pour rentrer, il faut escalader un petit muret, sortir son masque et se désinfecter les mains, puis s'acquitter de 10 euros pour couvrir les frais d'organisation et ceux d'une éventuelle amende. Cinq policiers en uniforme viennent d'ailleurs passer une tête, lancer des avertissements et saisir quelques joints, mais repartent sans s'attarder. La soirée peut commencer.

(L'essentiel/AFP)

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Les commentaires les plus populaires

  • marre le 04.08.2020 16:08 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    incompréhensible cet égoisme

  • rira bien qui rira le dernier le 04.08.2020 17:37 Report dénoncer ce commentaire

    l'intégralité des frais médicaux devraient être a leur charge, car quand on a un comportement egoiste et irresponsable voir même volontaires, les assurance ne fonctionne pas.

  • Grand Maître le 04.08.2020 16:09 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ah c'est un beau souvenir pour moi des années 90, aujourd'hui en 2020 je dois faire attention à moi car je suis d'un groupe à risques. Mais je comprends pour les jeunes le besoin de s'amuser, de sortir. D'ailleurs, je n'aimerais pas avoir 20 ans en ces temps de Corona ... Juste un conseil aux jeunes: si vous sortez comme ça, protégez vos parents et grands-parents et les personnes à risques!

Les derniers commentaires

  • simon le 05.08.2020 12:10 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Vous n'avez manifestement plus 20 ans...

  • Belle époque de liberté le 05.08.2020 11:22 Report dénoncer ce commentaire

    Ca me rappelle ma jeunesse, cette agréable sensation de liberté en pleine nature. Les gendarmes étaient plutot compréhensifs a cette époque et les controles se limitaient a de la sensibilisation (drogue, mst); en même temps ils étaient 25 contre 4 000 jeunes, ça aurait forcément fini mal d'intervenir sauvagement. Au final, les organisateurs versaient un dédommagement aux paysans et on était une 50ène le lendemain a remplir des sacs poubelles chargées sur le camion devant la sono pour ne rien laisser trainer en partant (on ne voudrait pas qu'une vache se blesse sur du verre cassé)

  • Jingsa le 05.08.2020 09:01 Report dénoncer ce commentaire

    Il faudrait refuser les soins aux organisateurs et participants. Ils ont choisi de jouer avec le vie , qu’ils en payent le prix

    • Lestrollsrusses le 05.08.2020 11:03 Report dénoncer ce commentaire

      Bravo, bien dit!

  • Covid-19 le 05.08.2020 00:26 Report dénoncer ce commentaire

    Je me suis bien amusé, superbe soirée. À bientôt, les loulous 3

  • julie le 05.08.2020 00:22 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Qu est ce que vous en savez vous êtes épidémiologistes?