Épidémie

30 mars 2020 21:03; Act: 31.03.2020 10:26 Print

Cinq choses que l'on ignore sur le coronavirus

De nombreuses questions sur le Covid-19 restent en suspens, comme le nombre de personnes contaminées, la dangerosité du virus dans l'air ou sa sensibilité à la météo.

storybild

On ignore encore pourquoi la maladie est bénigne pour les uns et gravissime pour d'autres.

Sur ce sujet
Une faute?

Surveillé, analysé et combattu par les médecins du monde entier, le nouveau coronavirus garde malgré tout de larges zones d'ombre plus de trois mois après son apparition en Chine. Cinq éléments clés qu'on continue d'ignorer ou mal connaître au sujet du virus SARS-CoV-2 et de la maladie qu'il entraîne, le Covid-19.

Pourquoi bénigne pour les uns, gravissime pour d'autres?

L'extrême amplitude de la gravité des symptômes ne cesse d'étonner: pourquoi ici le Covid-19 ne produit aucun ou peu de symptômes (80% des cas selon l'OMS) tandis que chez certains il induit une forte fièvre, voire une pneumonie fatale? «Les recherches depuis février 2020 montrent que l'éventail clinique de cette maladie peut être très hétérogène», rapporte Leo Poon de la faculté de médecine de Hong Kong. Pendant le pic de l'épidémie en Chine, il a comparé, avec une équipe chinoise de l'Université de Nanchang (centre), des personnes faiblement atteintes à des malades sévères. Les résultats ont été publiés dans la revue médicale britannique The Lancet.

Qu'apprend-on? Que les personnes sévèrement atteintes sont «significativement plus âgées» que celles faiblement malades et que la concentration de virus dans leurs prélèvements est «environ 60 fois plus importante» que chez celles faiblement atteintes.

Est-ce le résultat d'une moins bonne réaction immunitaire due en particulier à l'âge, ou bien la conséquence d'une exposition à des doses plus élevées de virus lors de la contamination? Des travaux sur un virus différent, celui de la rougeole, ont montré que la gravité de la maladie était corrélée à la dose d'exposition initiale au virus. On ignore s'il en va de même pour le Covid-19.

En suspension dans l'air?

On sait que le coronavirus se transmet par contact physique et voie respiratoire. Par exemple par les gouttelettes de salive expulsées quand un malade tousse. Peut-il circuler en suspension dans l'air à l'image de la grippe saisonnière? La question n'est pas tranchée. Une étude américaine publiée dans le New England Journal of Medicine (NEJM) montre que le nouveau coronavirus peut survivre en laboratoire pendant trois heures sous la forme de particules dans l'air. Mais on ne sait pas si cette faculté est importante pour la transmission de la maladie.

«Est-ce que le virus est présent dans l'environnement, est-ce qu'il persiste longtemps dans l'air ou sur les surfaces inertes. Et bien ça, on ne sait pas. On sait que l'on peut trouver du virus, mais on ne sait pas si ce virus est infectant», commente la Pr Karine Lacombe, cheffe du service des maladies infectieuses à l'hôpital Saint-Antoine (Paris).

Combien de contaminés?

Combien ont déjà attrapé le virus? Mis à part de rares pays qui ont rapidement mis en place des politiques de dépistage agressives, comme la Corée du Sud et l'Allemagne, la connaissance du nombre des contaminés est très approximative. Ainsi, le gouvernement britannique évaluait le 17 mars les cas dans le pays à 55 000 alors qu'officiellement moins de 2 000 avaient été testés positifs.

Avoir une idée précise de l'étendue de l'épidémie est cruciale pour isoler les porteurs de virus et mieux les soigner. Et, dans un deuxième temps, il deviendra précieux de savoir qui a déjà attrapé le virus et se trouve a priori déjà immunisé. Ce ne sera possible qu'avec l'arrivée d'une nouvelle génération de tests, dits sérologiques, qui cibleront la détection dans le sang de la signature immunitaire laissée contre SARS-CoV-2.

Virus sensible à la météo?

Covid-19 va-t-elle s'estomper avec l'arrivée des beaux jours dans l'hémisphère nord ? C'est une possibilité mais pas une certitude, répondent des spécialistes. Les virus respiratoires de type grippe saisonnière sont plus stables par temps froid et sec, ce qui favorise leur transmission en hiver. Une étude réalisée par des universitaires hongkongais a montré que le virus du Sras qui avait frappé l'Asie en 2002/2003 et qui est un proche cousin de l'actuel coronavirus, résiste mieux par température basse et faible humidité.

Mais une étude américaine récente, de la Harvard Medical School, souligne que «les seuls changements météo ne vont pas nécessairement conduire au déclin des cas de Covid-19 sans la mise en place d'interventions sanitaires importantes».

Pourquoi les enfants sont-ils épargnés?

Les enfants sont bien moins sujets au Covid-19 que les adultes. Et s'ils développent des symptômes, ils sont en général légers. Une étude chinoise publiée dans la revue Nature montre que sur dix enfants étudiés, atteints par Covid-19, aucun n'a développé de forme grave, leurs symptômes se limitant à des maux de gorge, toux et fièvre discrète.

Selon ces travaux, les enfants vivant avec des personnes malades sont deux à trois fois moins susceptibles d'attraper le virus que des adultes. Pourquoi? On ne sait pas. La même caractéristique avait été notée pour le virus du Sras en 2002/2003. «Il y a beaucoup de choses que l'on ne sait pas, ce qui appelle à beaucoup d'humilité» note la Pr Karine Lacombe.

(L'essentiel/afp)

Vous venez de publier un commentaire sur notre site et nous vous en remercions. Les messages sont vérifiés avant publication. Afin de s’assurer de la publication de votre message, vous devez cependant respecter certains points.

«Mon commentaire n’a pas été publié, pourquoi?»

Notre équipe doit traiter plusieurs milliers de commentaires chaque jour. Il peut y avoir un certain délai entre le moment où vous l’envoyez et le moment où notre équipe le valide. Si votre message n’a pas été publié après plus de 72h d’attente, il peut avoir été jugé inapproprié. L’essentiel se réserve le droit de ne pas publier un message sans préavis ni justification. A l’inverse, vous pouvez nous contacter pour supprimer un message que vous avez envoyé.

«Comment s’assurer de la validation de mon message?»

Votre message doit respecter la législation en vigueur et ne pas contenir d’incitation à la haine ou de discrimination, d’insultes, de messages racistes ou haineux, homophobes ou stigmatisants. Vous devez aussi respecter le droit d’auteur et le copyright. Les commentaires doivent être rédigés en français, luxembourgeois, allemand ou anglais, et d’une façon compréhensible par tous. Les messages avec des abus de ponctuation, majuscules ou langages SMS sont interdits. Les messages hors-sujet avec l’article seront également supprimés.

Je ne suis pas d’accord avec votre modération, que dois-je faire?

Dans votre commentaire, toute référence à une décision de modération ou question à l’équipe sera supprimée. De plus, les commentateurs doivent respecter les autres internautes tout comme les journalistes de la rédaction. Tout message agressif ou attaque personnelle envers un membre de la communauté sera donc supprimé. Si malgré tout, vous estimez que votre commentaire a été injustement supprimé, vous pouvez nous contacter sur Facebook ou par mail sur feedback@lessentiel.lu Enfin, si vous estimez qu’un message publié est contraire à cette charte, utilisez le bouton d’alerte associé au message litigieux.

«Ai-je le droit de faire de la promotion pour mes activités ou mes croyances?»

Les liens commerciaux et messages publicitaires seront supprimés des commentaires. L’équipe de modération ne tolérera aucun message de prosélytisme, que ce soit pour un parti politique, une religion ou une croyance. Enfin, ne communiquez pas d’informations personnelles dans vos pseudos ou messages (numéro de téléphone, nom de famille, email etc).

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 48 heures a été désactivé en raison du très grand nombre de commentaires que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.

Les commentaires les plus populaires

  • On n'est pas sortis de l'auberge le 30.03.2020 21:17 Report dénoncer ce commentaire

    Ça promet...mais on en revient toujours à "il faut tester tout le monde" et j'ajoute "équiper tout le monde"

  • Sowat le 31.03.2020 08:03 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    @zen : parce que bien qu'ils soient moins susceptibles de déclencher des symptômes graves, ils peuvent fortement colporter le virus et donc le transmettre à leur famille : restez chez vous !

  • lulu25 le 31.03.2020 08:17 Report dénoncer ce commentaire

    Karine Lacombe a été membre de l'INSERM dirigé par Yves Lévy mari de Agnès Buzin qui ont toujours été contre le professeur Raoult. C'est marrant quand même non?

Les derniers commentaires

  • luxo le 31.03.2020 12:21 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Au lieu d’espérer l’arrivée d’une molécule miracle. Il faudrait s’avoir combien sont morts du coronavirus à cause des médicaments prescrits, comme les anti inflammatoires, ibuprofèbe , l’aspirine et le paracétamol. Ou des erreurs des médecins qui font baisser la température alors que la fièvre est le meilleur prédateur naturel du virus.

  • luxo le 31.03.2020 12:13 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Au lieu de faire des efforts pour retrouver la santé, les luxembourgeois préfèrent compter sur la CNS qui payera le nouveau médicament miracle et le vaccin. La chloroquine qui protège les personnes en bonne santé du paludisme n’est pas adapté pour soigner des malades qui sont déjà en insuffisance respiratoire et dans ce cas elle a un effet néfaste et provoque le décès prématuré des malades infectés par le covid19.

  • soslux le 31.03.2020 11:06 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    On fait beaucoup de procès au prof. Raoult, mais combien de millions de personnes ont pris ce hydroxychloroquinine prescrit à titre préventif avant d'aller en Afrique en vacances, et même les locaux africains le prenaient aussi à titre préventif avant la saison des pluies pour ne pas attraper une malaria sévère. Moi même, mon médecin me les prescrit à moi et à ma famille à chaque fois que je dois aller en Afrique. Et je ne dis pas qu'il ny a pas d'effets secondaires comme tous les autres médicaments ( paracétamol, antidépresseurs etc...) mais si ça peut arrêter ou ralentir cet hécatombe pourquoi s'en priver. Bien à tous. Et j'espère que nous vaincrons tous ce Covid-19.

  • Rudy le 31.03.2020 11:05 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    question température, que pensez-vous d'emmener des malades dans un pays où la température est supérieure à 35 ° . c'est seulement une idée.

    • stéphane le 31.03.2020 12:06 Report dénoncer ce commentaire

      ce qui compte, je crois, c'est la temperature interne du corps.

  • Ironie le 31.03.2020 10:21 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Il est clair que nous assistons à une véritable guerre de clochers. Pas très reluisant tout ça. Je pense qu'il faut donner sa chance à la chloroquine, la tester avec tous ceux qui le veulent et atteindre une population suffisante qui permette d'en tirer une véritable étude épidémiologique. Si ça marche il n'y a virtuellement aucune raison de s'opposer à ce traitement. Mon épouse et moi-même avons été traité à la chloroquine pendant plusieurs semaines lors d'un long séjour en Afrique, je l'ai bien supporté, elle moins bien mais elle a quand-même préféré en prendre plutôt que de succomber bêtement à une saleté invisible.

    • Klein le 31.03.2020 10:44 Report dénoncer ce commentaire

      Il y a beaucoup de raisons à s'opposer à ce traitement. La chloroquine peut causer des graves insuffisances cardiaques et conduire jusqu'à l'arrêt cardiaque en moins de 30 min après son injestion. Les personnes qui se font traités au Plaquenil, soit pour pour la polyarthrite rhumatoïde ou lupus, sont suivis par un cardiologue. Il y a une batterie de tests qui doivent d'abord être conduits pour voir s'il y a hypersensibilité à la chloroquine (env 15% des gens). La chloroquine est aussi incompatible avec des maladies cœliaques (eg. gluten) et est incompatible avec toute une série de traitements.

    • Unicorn le 31.03.2020 11:34 Report dénoncer ce commentaire

      le problème avec le clocher Raoult, qui passe par les médias au lieu des dirigeants professionnels, pour lesquels il n'a que du mépris amène à une panique qui fait que les gens s'auto-médicamentent sans surveillance médicale, ce qui les expose à des risques dont ils ne sont pas conscient.

    • @Unicorn le 31.03.2020 12:36 Report dénoncer ce commentaire

      Il a raison de passer par les médias quand les voies officielles sont corrompues intellectuellenent et/ou par les labos. Il y a des vies en jeu. Je pourrai citer d'autres exemples de voies officielles corrompues (au moins intellectuellement) en France, mais aussi dans d'autres pays voisins, où sur certains dossiers sur lesquels j'ai eu à travailler alors il y a de quoi se poser des questions.