Lutte contre le virus

07 août 2020 11:40; Act: 07.08.2020 12:55 Print

En France, les anti-​​masques peinent à sortir de l'ombre

S'ils s'agitent sur les réseaux sociaux, les opposants au port du masque ont du mal à se faire entendre, en France, où la protection est plutôt bien acceptée par la population.

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Les anti-masques français ont du mal à se faire entendre. (photo: Julien Garroy)

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Ils s'érigent en minorité «éveillée» contre une mesure «inutile» et «liberticide»: très actifs en Allemagne ou aux États-Unis, les opposants au masque peinent encore à rencontrer un large écho en France au-delà des réseaux sociaux. Leur fronde, née Outre-Atlantique avant d'essaimer en Europe, commence tout juste à frémir dans l'Hexagone en se nourrissant de la montée en puissance du port obligatoire du masque et de la volte-face du gouvernement sur le sujet.

Longtemps présenté comme «inutile» par les autorités, le masque est devenu obligatoire dans les lieux publics clos le 20 juillet. Depuis une semaine, les préfets sont autorisés à l'imposer à l'extérieur «lorsque les circonstances locales l'exigent». Créé en mai, le groupe Facebook «anti masque obligatoire» s'est largement nourri de ces atermoiements. Composé de quelques centaines de personnes début juillet, il comptabilise aujourd'hui près de 4 700 membres et a parfois pu puiser des arguments dans des décisions judiciaires.

«Nous sommes identifiés comme des complotistes»

En avril, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise avait ainsi jugé que l'arrêté du maire de Sceaux (Hauts-de-Seine) imposant à ses administrés de sortir le visage couvert portait une «atteinte grave à la liberté fondamentale d'aller et de venir». «Nous sommes identifiés comme des complotistes, des gens d'extrême droite, des anti-macronistes voire même des psychopathes», déplore Grégory Hazard, l'un des membres du collectif, qui rejette l'étiquette de «virulent» ou de «radical».

Le quadragénaire, qui ne combat pas tant le masque que son caractère obligatoire, se décrit simplement comme «quelqu'un qui se pose des questions». «Je doute de la véracité de tout ce qu'on nous impose pour soi-disant nous protéger», dit-il. Il s'interroge sur «les chiffres alarmistes» qu'il soupçonne d'être «gonflés, truqués», anticipe un «vaccin obligatoire pour voyager» mais ne croit pas au risque d'une deuxième vague épidémique, qu'il appelle «deuxième blague».

«Moutruches»

Sur ces groupes s'échangent de nombreuses fausses nouvelles, notamment sur la prétendue dangerosité de ces «muselières» qui priveraient leurs usagers d'oxygène ou les exposeraient à une intoxication au dioxyde de carbone. Certains mettent en avant le choix des pays scandinaves ou des Pays-Bas qui n'imposent pas de protection à la population. D'autres s'amusent à se prendre en selfie ou se filmer dans des magasins le visage découvert ou avec des masques en laine à mailles très larges. Des tee-shirts «dictature sanitaire» sont exhibés.

Pour l'heure, cette agitation se cantonne à ces échanges en vase clos où les membres, conscients d'être en minorité, font bloc contre «les moutruches» - contraction de moutons et autruches -, un néologisme raillant une majorité, selon eux, grégaire et facilement manipulable. Le grand défilé des «anticoronas» à Berlin, qui a réuni quelque 17.000 personnes le 1er août, mais aussi ceux au Canada, au Royaume-Uni et aux États-Unis, ont donné aux anti-masques français des envies de manifester eux aussi pour mobiliser au-delà de leurs cercles. Plusieurs dates circulent mais pour l'heure, faute d'un mouvement suffisamment structuré, rien n'a été arrêté.

Le masque bien accepté dans l'ensemble

«Contrairement aux pays anglo-saxons, où le respect des recommandations des pouvoirs publics a été beaucoup plus faible, les Français ont été plutôt exemplaires avec même un démenti de certains stéréotypes culturels», souligne auprès de l'AFP Jocelyn Raude, chercheur en psychologie sociale à l'École des hautes études en santé publique (Ehesp). Sur la question des masques, «on a même constaté une augmentation régulière de leur utilisation dans les lieux publics fermés à partir du mois de mai et jusqu'à la fin juin» avant une légère baisse liée, selon M. Raude, à «l'accoutumance au risque», un phénomène «déjà observé dans toutes les épidémies comme la dengue, Zika ou le chikungunya».

Selon un sondage Yougov pour le Huffington Post publié mercredi, seuls 14% des Français déclarent qu'ils refuseraient de porter un masque à l'extérieur. «Il n'y a pas en France un terreau très important pour une mobilisation anti-masques. L'opinion est d'abord dominée par l'idée qu'on n'a pas raconté la vérité aux Français sur le manque de stocks», explique Bruno Cautrès, politologue au Cevipof. Cinq mois après le début de la crise sanitaire, «s'il y avait de vrais leaders d'influence pour mobiliser là-dessus, ils seraient déjà apparus», ajoute le chercheur.

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Oswald le 07.08.2020 12:13 Report dénoncer ce commentaire

    Tant mieux qu'ils peinent. Peu-importe ce qu'on pense du masque, par principe de précaution, on le porte. Paradoxalement à leur envie de liberté, plus ils seront nombreux, plus longtemps nous devrons porter le masque puisque le virus continuera de prospérer, avec à la clé un risque de mutation.

  • Cancoillotte le 07.08.2020 14:31 Report dénoncer ce commentaire

    Et moi, je défend le droit de rouler à contresens sur l'autoroute au nom de la liberté

  • Doctor Who le 07.08.2020 14:22 Report dénoncer ce commentaire

    C'est marrant ces anti-masques (ou anti-tout ce qui vient d'une autorité), qui se prennent pour les nouveaux Jean Moulin des bacs à sable... Ce sont les mêmes qui hurlent au scandale quand il n'y a pas de masques en avril et quand on leur impose de les porter quand il y en a en juillet. On lit vraiment n'importe quoi quand on voit que sont comparées quelques mesures de bon sens de santé publiques aux heures les plus sombres des répressions les plus noires de l'histoire...

Les derniers commentaires

  • Olof Distansjasson le 09.08.2020 16:35 Report dénoncer ce commentaire

    Au fait, on en est où de l'explosion des cas annoncée chez les Suédois depuis 5 mois?

  • endirectdelariviera le 09.08.2020 06:32 Report dénoncer ce commentaire

    sur la cote d azur il y en a plein des anti masques et pas des jeunes en plus. j ai entendu des trucs du style c est la fin d e l epidemie , on nous manipule etc ... bref le prochain gros foyer en france ca sera sur la riviera

  • luxo le 08.08.2020 20:28 Report dénoncer ce commentaire

    Au lieu de porter un masque les personnes vulnérable feraient mieux de perdre du poids et de changer leurs habitudes alimentaires et leurs modes de vie,

  • J.M. le 08.08.2020 09:20 Report dénoncer ce commentaire

    Ah ,"Les DROITS de l'homme" mais n'oublions nous pas un peu vite "Les DEVOIRS de l'homme" !!

  • Procovid le 07.08.2020 22:41 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Corona=régulation naturelle de la population. Et notre planète en a besoin. Je ne suis pas responsable de la santé des autres. Si c est moi qui dois crever alors je crève. Sans rancune ????

    • @Procovid le 08.08.2020 08:35 Report dénoncer ce commentaire

      du même avis que vous,on meurt tous un jour!