Coronavirus en Alsace

10 avril 2020 09:48; Act: 10.04.2020 10:39 Print

Ils traversent le pays aider dans l'enfer du virus

STRASBOURG - Des soignants ont traversé la France pour prêter main-forte à leurs collègues du Grand-Est, mais aussi de région parisienne, épuisés par le coronavirus.

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Venus de régions où le virus frappe peu, des personnels soignants ont traversé la France pour aider leurs collègues épuisés. (photo: AFP/Sebastien Bozon)

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Ils ont traversé tout le pays, leur caducée en bandoulière, pour plonger dans le cauchemar des hôpitaux débordés par les malades atteints du coronavirus, mais, pour ces soignants, «cela paraissait évident» de venir épauler leurs confrères épuisés. «Être solidaire dans des moments comme ça, c'est la moindre des choses», estime Laure Detaille. Avec plusieurs collègues de la polyclinique de Navarre à Pau (Pyrénées-Atlantiques), cette infirmière anesthésiste a parcouru la France en diagonale, le 2 avril, jusqu'à l'hôpital de Mulhouse, violemment secoué par l'épidémie. Ils y sont «accueillis comme des rois», affirme Mme Detaille, qui «ne regrette vraiment pas» sa venue.

Pour le Dr Franck Decamps, anesthésiste à Pau, aussi, cela «paraissait évident de monter» jusqu'en Alsace. «À Pau, il ne se passe rien, donc on ne réalise pas vraiment, il y a un gros décalage. Depuis que je suis arrivé, j'ai vraiment pu voir la gravité de cette pathologie, c'est quelque chose qu'on ne peut pas appréhender tant qu'on ne l'a pas vu», poursuit le médecin, qui insiste auprès de ses proches du Sud-Ouest sur l'importance du confinement.

«Impressionné» par la volonté de tous à «travailler dans le même sens», le Dr Decamps va prolonger jusqu'au 20 avril son séjour mulhousien pour continuer de travailler sur une unité de post-réanimation créée de toutes pièces en deux jours. Après un mois d'admissions incessantes de personnes gravement malades et malgré une accalmie ces derniers jours, «nous avons toujours besoin d'aide pour assurer la rotation» des équipes soignantes, explique Corinne Krencker, directrice du Groupe Hospitalier de la Région de Mulhouse et Sud-Alsace (GHRMSA).

«Une aide morale»

Sur la région Grand-Est, massivement et précocement frappée par l'épidémie, 92 anesthésistes-réanimateurs et 111 infirmiers/infirmières sont venus renforcer les équipes locales, selon l'Agence régionale de santé (ARS) Grand-Est. «J'ai pu aider et je reviens avec une expérience importante», estime le Dr Patrick Bodiou, anesthésiste-réanimateur de retour chez lui sur le bassin d'Arcachon. «Mais nous aurions été encore plus utiles plus tôt», considère-t-il, «assez perplexe sur la mobilisation des spécialistes en anesthésie-réanimation» qu'il juge tardive.

Se prenant à leur tour de plein fouet la vague du virus, les hôpitaux d'Île-de-France ont à leur tour besoin de soutien d'autres régions. «On sent qu'avant d'apporter une aide technique, on est déjà une aide morale. Ils se sentent soutenus», observe Kristell Tanguy, médecin de Landerneau (Finistère) revenue lundi de l'hôpital d'Orsay (Essonne). Elle en parle comme d'une «riche expérience», en allant «un peu vers l'inconnu».

«Envie de me sentir utile»

Clémentine Lecoq et Hélène Munsch ont voyagé dans le bus de l'équipe de rugby de Brive-la-Gaillarde jusqu'à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil, où elles vont rester deux semaines. «J'avais envie de me sentir utile», explique Clémentine Lecoq, infirmière en clinique, toutefois «un peu inquiète» de n'avoir jamais travaillé en réanimation. «On ne va pas devenir des infirmières réanimatrices en quelques jours. On va prêter main-forte et apprendre en même temps», considère-t-elle.

Hélène Munsch, sa collègue aide-soignante de Brive-la-Gaillarde, s'est fixé trois mots d'ordre: «Suivre, écouter, apprendre». La réanimation «est un service que beaucoup de soignants appréhendent», «très technique» avec des patients «très fragiles», reconnaît-elle. Néanmoins, elle «ne (se) voyait pas ne pas y aller». Arrivée dimanche de Morlaix (Finistère) au Centre hospitalier de l'Europe à Port-Marly (Yvelines), Cynthia Dutent était «mal à l'aise à entendre les gens applaudir à 20h» et se «sentait inutile». «C'était très frustrant», raconte l'infirmière.

«Un peu peur»

«Là, je me dis que j'aurai participé à tout ça. Même si ce n'est pas nous qui trouverons la solution, on apporte notre touche», ajoute-t-elle. Mais sa décision n'a été prise qu'après un conseil de famille. «Tout le monde m'a dit OK, même ma mère qui avait un peu peur», explique Cynthia Dutent, qui reconnaît «un peu de cafard» d'être loin de son fils pour ses 18 ans.

Malgré une expérience de quinze ans en réanimation au CHU de Reims, elle a été surprise de «la thérapeutique particulière» des patients atteints du Covid-19. «Les patients sont très instables et difficiles à soigner car ils résistent aux traitements. Même les médecins sont parfois surpris. Tout le monde découvre un peu», rapporte-t-elle. «Super vite intégrée à l'équipe» comme les autres renforts, Cynthia Dutent n'a aucun doute sur là où elle doit être. Son métier lui «a toujours plu. Encore plus maintenant».

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Hugolin le 10.04.2020 10:19 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Belle preuve de solidarité et de fraternité des personnels hospitaliers Français dans leur lutte quotidienne contre la pandémie de covid 19

  • BRAVO le 10.04.2020 10:39 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Tout simplement bravo au corps médical et tout ceux qui travaillent pour notre quotidien. Bravo et Merci

  • fab 60 le 10.04.2020 10:23 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    super bravo a vous tous

Les derniers commentaires

  • Sowat le 11.04.2020 12:20 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    bravo pour ce geste magnifique !

  • logique le 11.04.2020 10:46 Report dénoncer ce commentaire

    bravo ,mais pourquoi en france les clinique prives ,sont a vide sans malade ???l ' eyat se refuse totalmemt de envoyer des malade ??

  • Jean II le 10.04.2020 17:16 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    @Le Belge une fois : D'accord avec vous . Et aussi des planqués de chanteurs qui ont reçu la légion ...

  • palma le 10.04.2020 15:05 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bravo à vous pour votre courage ! Et merci aux soignants pour votre magnifique aide .

  • pep le 10.04.2020 14:19 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Une médaille en récompense ça coûtera pas cher à la nation on est en guerre les méthodes ne change pas