Coronavirus

27 mai 2020 11:05; Act: 27.05.2020 14:58 Print

L'Amérique du Sud s'enlise, l'Europe se relance

Le Covid-19 continue ses ravages en Amérique du Sud, au moment où l’Union européenne doit dévoiler son plan de relance économique.

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Des ambulanciers à Mexico le 25 mai 2020.

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L’Union européenne dévoile mercredi son plan de relance économique tout en poursuivant son déconfinement face à l’épidémie de coronavirus, qui cède du terrain sur le Vieux Continent mais poursuit sa progression en Amérique du Sud.

Un pari à 1 000 milliards d’euros: la Commission européenne précise mercredi son plan pour relancer les économies des 27 éprouvées par la pandémie qui a fait au moins 347 723 morts depuis son apparition en Chine en décembre.

Et si la situation semble se stabiliser en Europe, l’épidémie continue à faire des ravages en Amérique du Sud. La propagation du coronavirus «s’accélère» au Brésil, au Pérou et au Chili, a prévenu mardi une agence régionale de l’Organisation mondiale de la santé, appelant ces pays à ne pas relâcher les mesures destinées à ralentir les contaminations.

Nouvel épicentre

«En Amérique du Sud, nous sommes particulièrement inquiets étant donné que le nombre de nouveaux cas enregistrés la semaine dernière au Brésil est le plus haut sur une période de sept jours, depuis le début de la pandémie», a déclaré Carissa Étienne, directrice de l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS), basée à Washington.

Le Pérou a de son côté enregistré un nombre record de 5 772 nouvelles contaminations au coronavirus en 24 heures, pour un total de près de 130 000, a annoncé mardi le ministère de la Santé.

Le nombre quotidien de nouvelles contaminations en Amérique latine a dépassé celui de l’Europe et des États-Unis, faisant du continent latino-américain «sans aucun doute» le nouvel épicentre de la pandémie, selon l’OPS.

LATAM en faillite

Symbole de cette aggravation, le titre de la compagnie aérienne LATAM, la plus importante d’Amérique latine, a plongé mardi après sa déclaration de faillite aux États-Unis en raison des conséquences du Covid-19.

En revanche, pour le troisième jour d’affilée, les États-Unis ont déploré moins de 700 morts quotidiens du Covid-19, selon le comptage de l’université Johns-Hopkins, qui fait référence, à 20h30, mardi.

En Europe, si le déconfinement se poursuit, on n’oublie pas non plus les morts. L’Espagne entame mercredi un deuil national de dix jours en mémoire des victimes du coronavirus, qui a tué plus de 27 000 personnes dans le pays.

À Bruxelles, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen présente mercredi un plan de relance très attendu, mais qui se heurte déjà aux oppositions entre pays du Nord et du sud. Plusieurs pays ont déjà annoncé leur propre plan de soutien à certains secteurs de leur économie, à l’instar de la France qui a promis mardi huit milliards d’euros pour sauver son industrie automobile.

Bourses en hausse

L’accumulation des dettes, générée par ces plans de soutien, commence toutefois à inquiéter la Banque centrale européenne. Les craintes d’éclatement de la zone euro risquent de resurgir avec l’explosion de l’endettement public dans la plupart des pays pour faire face à l’impact du coronavirus, a ainsi mis en garde mardi la BCE.

Les marchés financiers sont toutefois restés confiants, confirmant mardi leur progression tant en Europe qu’à Wall Street. La Bourse de New York a ainsi solidement grimpé, faisant preuve d’optimisme face à la reprise progressive de l’activité économique, illustrée par la réouverture partielle du parquet de Wall Street.

Dans la métropole la plus touchée par la maladie, où la fermeture des entreprises est décrétée au moins jusqu'en juin, 80 courtiers new-yorkais ont retrouvé la salle mythique de Wall Street pour la première fois depuis le 23 mars.

Le Grand Bazar d’Istanbul retrouve ses clients

La bourse new-yorkaise n’est pas le seul lieu symbolique à rouvrir ses portes. Après le site archéologique de Pompéi ou la basilique de la Nativité à Bethléem, mardi, ce sera au tour du Grand Bazar d’Istanbul de retrouver clients et visiteurs dans quelques jours. C’est la première fois que ce marché couvert, l’un des plus grands d’Europe, reste aussi longtemps fermé depuis sa création il y a près de six siècles.

En Iran, pays le plus touché par la pandémie au Moyen-Orient, les restaurants ont rouvert mardi.

En revanche, il faudra attendre le 1er juin pour pénétrer à nouveau dans le Colisée, site touristique le plus visité d’Italie. «Ces derniers mois ont été très difficiles, avec un silence surréaliste difficile à accepter», ont relevé les responsables du monument emblématique de la capitale italienne.

Musées et foot

La presque totalité des monuments et édifices célèbres en Italie ont rouvert au public depuis une semaine: le site archéologique de Pompéi ce mardi, la basilique Saint-Pierre de Rome, la semaine dernière, la galerie Borghese ou les musées du Capitole, les cathédrales de Florence et Milan. Les musées du Vatican, un autre haut lieu de tourisme mondial, ont prévu leur réouverture aussi le 1er juin.

À Paris aussi, les premiers visiteurs de quelques musées étaient mardi au rendez-vous, pressés après un long confinement de renouer avec l’art. «Je ne vois depuis deux mois que mon crémier! C’est essentiel de retourner dans un lieu de culture», s’est exclamée Françoise, «retraitée dans la musique», ravie de retrouver l’élégance raffinée du musée Jacquemart-André qui accueille une exposition autour du peintre Turner.

Prudente, l’Allemagne a toutefois annoncé de son côté mardi vouloir prolonger jusqu'au 29 juin ses règles de distanciation afin de contenir l’épidémie. Ce qui n’a pas empêché le football allemand de reprendre ses droits, mais sans fans. Mardi, le Bayern Munich a remporté 1-0, mardi, à Dortmund, le premier «Klassiker» allemand jamais disputé à huis clos et s’est ouvert la voie vers un 8e titre de champion consécutif.

La pression monte également pour une réouverture des frontières en Europe. L’Italie pousse ainsi à une reprise coordonnée des déplacements en Europe le 15 juin, qui pourrait devenir le «D-Day» du tourisme, a indiqué lundi soir son ministre des Affaires étrangères Luigi Di Maio. Ses déclarations vont dans le sens d’un appel franco-allemand pour une réouverture le plus vite possible des frontières, lancé mardi par le président de l’Assemblée nationale française et son homologue allemand.

(L'essentiel/afp)