Coronavirus au Brésil

28 mai 2020 14:04; Act: 28.05.2020 16:04 Print

«Ma mère infirmière a été assassinée»

Le personnel médical brésilien paie un lourd tribut à la crise sanitaire. Maria, envoyée au front sans véritable protection, est décédée le 3 mai. Sa fille crie à l’injustice.

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Maria Aparecida Duarte (deuxième depuis la gauche) était très appréciée de ses collègues.

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Dans l’hôpital de la banlieue de São Paulo (sud-est) où elle travaillait, Maria Aparecida Duarte faisait le bonheur des patients et de ses collègues. Son sourire, ses plaisanteries et son dévouement faisaient d’elle une infirmière précieuse. Mais quand la pandémie de coronavirus a frappé le Brésil, terrassant des dizaines de milliers de vies, l’existence de cette mère de famille de 63 ans a commencé à vaciller.

Quatre de ses collègues ont péri, un nombre incalculable d’entre eux sont tombés malades. Maria n’avait pas vraiment peur d’attraper le Covid-19, mais elle était résignée: elle savait qu’elle était la prochaine sur la liste. Le 10 avril, les prémonitions de la sexagénaire se sont avérées exactes: 24 heures après son dernier shift, elle a été admise aux soins intensifs et intubée.

Dans les jours qui ont suivi, deux de ses quatre enfants ont également été hospitalisés. Ils ont guéri, mais Maria est décédée le 3 mai, écrit The Guardian. «Elle était le pilier de la famille, la grande matriarche», confie Andreza Reina, sa fille. La Brésilienne de 34 ans tient les employeurs de sa maman et le gouvernement brésilien pour responsables de sa mort.

«Elle n’aurait pas dû travailler en première ligne»

L’infirmière, qui souffrait de diabète et d’hypertension artérielle, n’était pas suffisamment protégée lors de ses heures passées au front. D’après sa fille, elle ne portait qu’une casquette en papier et avait dû se fabriquer elle-même un masque en tissu. «Elle n’aurait pas dû travailler en première ligne. Ma mère a été assassinée», dénonce Andreza.

Maria fait partie des 157 (au moins) infirmiers et infirmières décédés du coronavirus au Brésil depuis la mi-mars. Selon le Conseil international des infirmières (ICN), cela signifie que plus de membres de la profession sont morts du Covid-19 au Brésil que partout ailleurs dans le monde, même aux États-Unis.

À Manaus (nord-ouest), Deizeane Romao pleure son mari Nicolares Curico, un infirmier de 46 ans emporté par le coronavirus. «Prends soin de nos filles. Je les aime», avait écrit le Brésilien à son épouse avant d’être admis aux soins intensifs, une semaine avant sa mort. Selon Deizeane, le manque d’équipement de protection et de personnel - ils tombaient tous malades - a fait courir de gros risques à son conjoint. «Il ne se sentait pas protégé parce qu’il n’avait pas de masque homologué. Il voyait plus de cent patients par jour», témoigne sa femme.

«Nos infirmières et infirmiers sont oubliés»

Ces dernières semaines, les infirmiers et infirmières se sont mobilisés pour mettre en évidence leurs difficultés et rendre hommage à leurs collègues décédés. Le 1er mai, un groupe s’est rassemblé en silence devant le palais présidentiel avec des masques et des blouses blanches. Mais la manifestation a été interrompue par des partisans radicaux du président Jair Bolsonaro.

«Les médecins sont traités comme des héros mais nos infirmières et infirmiers sont oubliés», déplore Manoel Neri, président du Conseil brésilien des infirmières. «Il y a un énorme fossé entre la façon dont les équipes infirmières et les équipes médicales sont traitées et la reconnaissance qu’elles reçoivent. Mais elles sont toutes en première ligne», rappelle-t-il.

Mardi, le Brésil avait enregistré 1 039 morts du coronavirus en 24 heures. Le plus grand pays d’Amérique latine, nouvel épicentre de la pandémie, déplore désormais 24 512 morts, selon les chiffres du ministère qui sont, d’après la communauté scientifique, très largement sous-évalués.

(L'essentiel/joc)

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Les commentaires les plus populaires

  • CORO le 28.05.2020 21:26 Report dénoncer ce commentaire

    Bolsonaro a dit que le coronavirus n'existait pas et que c'est de la foutaise.....C'est une idole au Brésil et tout ce qu'il dit est parole d'évangile....

Les derniers commentaires

  • CORO le 28.05.2020 21:26 Report dénoncer ce commentaire

    Bolsonaro a dit que le coronavirus n'existait pas et que c'est de la foutaise.....C'est une idole au Brésil et tout ce qu'il dit est parole d'évangile....