«La bonne épouse»

10 mars 2020 22:15; Act: 10.03.2020 22:19 Print

Comment devenir une parfaite épouse

Martin Provost signe une fiction satirique pile dans le ton de l'ère post #MeToo. L'idée est bonne, le résultat déçoit.

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À l'aube de Mai 68, en France, les écoles de ménagères ont la cote. Dans ces institutions, les jeunes filles apprennent à faire la cuisine, le ménage, le repassage, le raccommodage... ou encore à accepter sans broncher le devoir conjugal. Bref, tout ce qu'il faut pour devenir «la perle des ménagères, un rêve pour vos futurs époux, en vous oubliant vous-même». Ça, c'est un des dictons que prône Paulette Van der Beck (Juliette Binoche), directrice d'une école en Alsace. Elle est épaulée par sa belle-sœur (Yolande Moreau) et une nonne (Noémie Lvovsky). Lorsque son mari meurt et qu'elle retrouve son amour de jeunesse (Edouard Baer), les principes de Paulette s'ébranlent...

Ce qu'il faut savoir sur «La bonne épouse» de Martin Provost (toujours focalisé sur les femmes après «Séraphine», «Violette» et «Sage femme»), c'est que ces écoles ont réellement existé. Le cinéaste part de ce postulat fort bien trouvé, plante un décor vintage, y met de bonnes idées (la première fois qu'une femme enfile un pantalon, les jeunes filles ignorant ce qu'est un clitoris...). Pas vraiment raté, le résultat, quasi burlesque, aurait toutefois pu être meilleur s'il avait été plus dans la profondeur et moins dans la démonstration. Après une première partie un peu longuette, la comédie au rythme inégal se transforme en vrai manifeste sur l'émancipation féminine.

(L'essentiel)