Brexit/Royaume-Uni

20 mars 2019 08:28; Act: 20.03.2019 10:51 Print

Jadis moquée, aujourd'hui aimée, Skoda tremble

Les Skoda tchèques séduisent aujourd'hui les automobilistes britanniques. Mais le Brexit risque de porter un coup dur aux ventes de cette voiture au Royaume-Uni.

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Skoda Auto place chaque année sur le marché britannique quelque 80 000 voitures, soit environ 10% de sa production annuelle. (photo: AFP)

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Objet de blagues dans le passé, les Skoda tchèques séduisent aujourd'hui les automobilistes britanniques. Mais le Brexit risque de porter un coup dur non seulement aux ventes de cette voiture outre-Manche mais aussi à l'économie tchèque en général. La Grande-Bretagne est le cinquième marché étranger pour la République tchèque, pays de l'UE fort de 10,6 millions d'habitants et dont l'économie dépend largement des exportations, essentiellement celles de voitures. Les députés britanniques ont voté jeudi 14 mars en faveur d'un report de la sortie de l'UE du 29 mars à la fin juin. Mais un Brexit sans accord qui entraînerait une hausse des taxes pour les importations demeure possible.

Contrôlé par Volkswagen depuis 1991, Skoda Auto place chaque année sur le marché britannique quelque 80 000 voitures, soit environ 10% de sa production annuelle. Dans un courriel envoyé à l'AFP, le constructeur se dit «inquiet et prêt à affronter tous les scénarios». Sans en dire davantage, il souhaite une «solution acceptable pour toutes les parties». Le vice-président de l'Union de l'industrie et des transports, Radek Spicar, va plus loin, mettant en garde contre un «coup dur». «Faute d'accord, les importations de voitures seraient taxées à hauteur de 10%. Cela ferait mal», dit-il à l'AFP. «Les compagnies telles que Skoda ne s'effondreraient pas mais perdraient une partie d'un marché important». «En plus, la Grande-Bretagne représente un marché hautement symbolique pour Skoda. Cette marque est très respectée aujourd'hui, après avoir couvert un long chemin depuis l'époque où elle faisait l'objet de blagues», souligne-t-il.

40 000 emplois en jeu

«Savez-vous comment doubler la valeur de votre Skoda? Il suffit de faire le plein d'essence», «Pourquoi la vitre arrière de la Skoda est chauffante? Pour que les mains ne tremblent pas de froid lorsqu'on la pousse en hiver» ou encore «Où la Skoda roule-t-elle le plus vite? Sur la ligne de montage». Ces blagues datent de l'époque où la Tchécoslovaquie était l'un des satellites de l'URSS. Mais après la chute du communisme en 1989, les Britanniques sont tombés amoureux de la marque tchèque. En 2000, la Skoda Fabia a été nommé voiture de l'année par le magazine What Car? alors que la Skoda Yeti est sortie «meilleure voiture» d'une enquête effectuée en 2013 par le magazine Auto Express auprès de 46 000 conducteurs britanniques. «Personne n'a honte de conduire une Skoda, le présentateur Jeremy Clarkson en a fait l'éloge dans l'émission «Top Gear», elle est utilisée par les chauffeurs de taxi», poursuit M. Spicar.

«Un Brexit dur réduirait les exportations vers le Royaume-Uni de 20% et la croissance du PIB tchèque de 1,1 point. Il priverait d'emploi 40 000 personnes», avertissent les auteurs d'une analyse publiée par la banque Ceska Sporitelna. Les exportations tchèques vers la Grande-Bretagne pèsent environ 8,2 milliards d'euros par an. Les voitures et les pièces détachées en représentent plus d'une moitié. L'industrie automobile représentant plus d'un cinquième de la production industrielle tchèque est «la plus menacée par le Brexit», a indiqué à l'AFP David Marek, économiste en chef de Deloitte Czech Republic. En 2018, Skoda Auto, le sud-coréen Hyundai et la joint-venture TPCA (Toyota Peugeot Citroën Automobile) ont produit en République tchèque plus de 1,43 million de voitures, un nouveau record. Plus de 60% portent le logo de la flèche ailée de Skoda.

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • belgo le 20.03.2019 13:07 Report dénoncer ce commentaire

    Les blagues étaient sur les Ladas et non les skodas.

  • Anonyme le 20.03.2019 11:15 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    L'économie est mondiale...les flux continueront mais avec des droits de douane qui in fine seront répercutés sur les prix à la consommation...l Etat gagne les droits...le consommateur paie...d ou l importance pour le RU de rester dans l Europe ;-)

  • Lupin Bronwse le 20.03.2019 16:22 Report dénoncer ce commentaire

    De quoi faire réfléchir quelques eurosceptiques.

Les derniers commentaires

  • Lupin Bronwse le 20.03.2019 16:22 Report dénoncer ce commentaire

    De quoi faire réfléchir quelques eurosceptiques.

  • belgo le 20.03.2019 13:07 Report dénoncer ce commentaire

    Les blagues étaient sur les Ladas et non les skodas.

  • Anonyme le 20.03.2019 11:15 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    L'économie est mondiale...les flux continueront mais avec des droits de douane qui in fine seront répercutés sur les prix à la consommation...l Etat gagne les droits...le consommateur paie...d ou l importance pour le RU de rester dans l Europe ;-)

    • @Nonyme le 20.03.2019 16:23 Report dénoncer ce commentaire

      Trop tard!

  • Rigoberta le 20.03.2019 09:15 Report dénoncer ce commentaire

    impossible, on nous dit ici que seulement le RU serait perdant dans le cas d'un Brexit.

    • @Rigoberta le 20.03.2019 12:02 Report dénoncer ce commentaire

      Qui ça, "on" ? Le R-U y perdrait beaucoup plus que n'importe quel autre pays de l'Union, ça ne signifie pas qu'il serait le seul à perdre des plumes.