Coronavirus en France

06 juillet 2020 12:47; Act: 06.07.2020 13:11 Print

L'image du secteur de l'assurance s'est dégradée

Les critiques se sont multipliées contre les acteurs de l'assurance en France, qui sont notamment accusés d'être venus trop tard en aide aux entreprises.

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Pour ne rien arranger, la crise a aussi été le théâtre d'empoignades entre assureurs. (photo: StockSnap )

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«On sort de cette crise (...) avec une image déplorable» alors qu'«on a donné pour le pays» et qu'«on a été touchés par des sinistres considérables», peste auprès de l'AFP un dirigeant français d'assurance. Ce témoignage illustre le vague à l'âme et les dissensions qui secouent le secteur, victime collatérale du Covid-19. Dernier soubresaut en date, le réassureur Scor a quitté la Fédération française de l'assurance (FFA), née en 2016 pour faire parler d'une même voix ses différentes familles: assureurs «classiques», bancassureurs, mutualistes et réassureurs.

La décision de Scor, membre historique et influent de la FFA, est directement liée à la participation − forcée selon lui − des membres de la fédération au fonds de solidarité mis en œuvre par le gouvernement pour soutenir les petites entreprises face à la crise. Les assureurs ont en effet contribué deux fois à ce dispositif, en versant 200 millions d'euros mi-mars puis autant mi-avril sous la pression des pouvoirs publics. Ils revendiquent au total presque quatre milliards d'euros de soutien à l'économie: outre les 400 millions d'euros versés au fonds public d'aide, le secteur a annoncé 1,5 milliard d'euros d'investissement ainsi que de multiples mesures individuelles.

Image dégradée

Certains observateurs estiment toutefois que ces mesures ont trop tardé et les critiques se sont multipliées. Le débat s'est rapidement cristallisé autour des pertes d'exploitation des entreprises. Or, dès les premiers jours de la crise, le secteur a expliqué ne pas être en mesure de couvrir ces pertes, estimées à plusieurs dizaines de milliards d'euros, opposant ainsi une fin de non-recevoir aux demandes d'indemnisation de l'hôtellerie-restauration en plein marasme. De fait, l’immense majorité des contrats ne couvraient pas les pertes en cas de pandémie. Mais une petite partie d'entre eux étaient flous.

Les recours d'entreprises devant la justice se sont multipliés contre les assureurs tels qu'Axa dans le sillage de la victoire médiatisée fin mai du restaurateur Stéphane Manigold, qui a finalement annoncé avoir trouvé un accord financier avec le géant de l'assurance. Au final, «les pouvoirs publics et un certain nombre de parlementaires ont été choqués par l'attitude des assureurs, qui ont donné l'impression d'agir de manière contrainte et forcée», analyse pour l'AFP un très bon connaisseur du secteur. Les assureurs «ont commencé par se taire, pour ensuite dire que si on remboursait les pertes, l'assurance serait ruinée. Expliquer ça à des gens déjà ruinés, ça ne porte pas. En terme d'image, c'est désastreux», poursuit cette même source. «Clairement nos explications au début auraient dû être moins techniques et plus claires», a reconnu Jean-Laurent Granier, patron de Generali France, dans un entretien à l'AFP.

Rivalités commerciales

Pour ne rien arranger, la crise a aussi été le théâtre d'empoignades entre assureurs. Certains ont «profité de cette crise un peu maladroitement pour faire de la publicité commerciale», s'est encore agacé, vendredi, sur B Smart, Patrick Evrard, président de la Fédération nationale des agents généraux d'assurance, citant nommément le bancassureur Crédit Mutuel et la Maif. Invoquant son «devoir moral», le premier a annoncé verser 200 millions d'euros de primes à ses clients professionnels, non sans avoir affirmé que ses contrats ne couvraient pas les pertes d'exploitation en cas de pandémie. Ce qu'ont toutefois contesté plusieurs concurrents, qui l'ont accusé dans un courrier de «campagne de communication trompeuse» en vue de «minorer les indemnités réellement et contractuellement dues aux assurés».

La Maif a elle rendu plus de 100 millions d'euros à ses sociétaires pour tenir compte de l'effondrement des accidents automobiles durant le confinement, faisant grincer des dents plusieurs concurrents. Ces initiatives «créent l'idée que tous les assureurs pouvaient payer, c'est malhonnête», enrage l'un d'eux auprès de l'AFP. Ces tensions s'ajoutent à la vive concurrence dans le secteur, notamment entre assureurs et groupes de bancassurance, lesquels gagnent chaque année des parts de marché, en assurance habitation et automobile notamment, et dominent le lucratif segment de l'assurance emprunteur. «Derrière tout ça, il y a surtout des rivalités commerciales», résume un bon connaisseur de l'assurance. Au sortir de la crise sanitaire, «il va y avoir des traces. Il reste des points de frictions assez importants entre bancassureurs et assureurs traditionnels. Je ne sais pas comment ça peut évoluer dans le temps», s'inquiète un dirigeant du secteur.

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Angelo51 le 06.07.2020 18:09 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Donc on apprend deux choses : il existe des assurances perte de revenu mais au Luxembourg le gouvernement préfère subventionner aux frais des contribuables les pertes des restaurateurs trop radins pour souscrire ce type de contrat. Pour dire merci les restaurateurs se foutent des règles de prudence. Deuxième chose, une compagnie française a reversé aux automobilistes les économies entraînées par la baisse des accidents tandis qu'au Luxembourg ce geste a été refusé. Socialisation des pertes et privatisation des bénéfices ont encore longtemps à vivre ici.

  • des voleurs le 06.07.2020 16:18 Report dénoncer ce commentaire

    ha bon? banque, politique et assureurs, le trio gagnant des voleurs. les assurances trouves toujours une excuse pour ne pas payer ou juste le stricte minimum, il y a eu un sinistre et votre toiture est vetuste donc on ne rembourse pas, pourtant la prime n a jms diminué comme la valeur de la toiture etc etc...

  • Comebat Loise le 06.07.2020 23:44 Report dénoncer ce commentaire

    Ici, il suffit juste de voir les tarifs pour comprendre sans équivoque la vision des assurances. A ce pris là la carte verte pourait être servie sur un plateau en argent... Bon blague à part, pas besoin de voir ce qu'il se passe ne France, ici il y aurait déjà beaucoup à dire sur les assurances.

Les derniers commentaires

  • Assureur.. le 08.07.2020 07:25 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Si les primes sont élevées c'est du aussi aux clients qui font de fausses déclarations de sinistre.

  • Assureur le 07.07.2020 11:59 Report dénoncer ce commentaire

    Par respect aux gens qui travaillent dans le secteur merci de préciser dans vos titres que votre article parle de la France...

    • Voleurs le 07.07.2020 12:31 Report dénoncer ce commentaire

      Peu importe le pays. Les assurances comme les banques sont les premiers voleurs du systeme économique.

  • Igrassureurs le 07.07.2020 09:20 Report dénoncer ce commentaire

    Les pauvres assureurs, ils sont tristes parce que pour une fois ils ont du mettre la main à la poche, parce que le gouvernement les forçait? Pas étonnant qu'après, pour les "autres" (ceux qui n'ont pas une PME), aucun geste commercial n'était envisageable pour la durée du confinement! On leur avait déjà trop pris, et sans un merci, même pas un nom de rue, ou une statue place de Paris! Fi! L'argent des assureurs, reste, comme toujours, le nôtre. Merci bien.

  • lulu le 07.07.2020 08:47 Report dénoncer ce commentaire

    C'est le rôle des assurances de ne pas venir au secours des assurés. Plus ils tardent, plus ils gagnent d'argent, car moins il y aura à rembourser....! C'est vous qui voyez ?

  • Comebat Loise le 06.07.2020 23:44 Report dénoncer ce commentaire

    Ici, il suffit juste de voir les tarifs pour comprendre sans équivoque la vision des assurances. A ce pris là la carte verte pourait être servie sur un plateau en argent... Bon blague à part, pas besoin de voir ce qu'il se passe ne France, ici il y aurait déjà beaucoup à dire sur les assurances.