Par le Covid-19

01 juin 2020 19:38; Act: 02.06.2020 08:51 Print

Une mission au pôle Nord chamboulée

Les membres de la plus grande expédition scientifique jamais menée dans l'Arctique s'étaient préparés à tout, même aux attaques d'ours polaires. Mais pas à une pandémie qui menacerait la poursuite de leur mission.

storybild

La mission scientifique du Polarstern peut continuer malgré le virus (archives). (photo: KEYSTONE)

Sur ce sujet
Une faute?

Avec deux mois de retard, les scientifiques de cet équipage international, chargé durant plus d'un an d'étudier les conséquences du changement climatique au pôle Nord, devraient finalement pouvoir se relayer dans les jours qui viennent. De retour du pôle Nord, où il s'est laissé dériver tout l'hiver dans les glaces, le brise-glace Polarstern de l'institut allemand Alfred-Wegener de Bremerhaven (nord-ouest) devrait aborder sous peu les côtes de l'archipel norvégien des Svalbard.

Il débarquera alors une centaine de chercheurs internationaux, qui viennent de passer près de trois mois au pôle Nord, pour embarquer une centaine de leurs collègues, dont le chef de cette mission, Markus Rex, acheminés à bord de deux bateaux de recherche depuis Bremerhaven. Ce climatologue et physicien, qui a déjà effectué un premier séjour de septembre à janvier, à bord du Polarstern, avait élaboré avec son équipe plus d'une dizaine de scénarios en cas d'imprévu durant les 390 jours que doit durer l'expédition.

600 experts

«Nous avons dû mettre sur pied un nouveau plan très rapidement», après l'apparition de la pandémie qui a mis le monde à l'arrêt, indique-t-il par téléphone, à l'AFP, depuis Spitzberg, l'île principale des Svalbard. L'expédition, baptisée MOSAIC et partie en septembre de Norvège, a pour objectif d'étudier à la fois l'atmosphère, l'océan, la mer de glace et l'écosystème pour recueillir des données évaluant l'impact du changement climatique sur la région et le monde entier.

Pendant 390 jours, quelque 600 experts et scientifiques se relaient sur le navire qui s'est laissé glisser avec les glaces selon la dérive polaire, ce courant océanique qui s'écoule d'est en ouest dans l'océan Arctique. Fin février, l'embarcation n'était qu'à 156 km du pôle Nord. Jamais encore un bateau n'était autant monté au nord en hiver. Initialement, la nouvelle équipe, composée d'experts d'une douzaine de pays différents, devait rejoindre début avril le Polarstern en avion, depuis les Svalbard. Mais la fermeture des frontières a cloué les appareils au sol.

Finalement après maints obstacles, les responsables de la mission ont décidé d'acheminer les scientifiques, ainsi que des vivres et du carburant, par bateau jusqu'à Spitzberg. Le Polarstern de son côté a interrompu quelques semaines ses recherches pour venir chercher sa nouvelle équipe. «La deuxième grosse difficulté à laquelle nous avons été confrontés, c'est de nous assurer que le virus ne se répande pas parmi les membres de l'expédition», poursuit Markus Rex.

Quarantaine stricte

Pour cela, une quarantaine stricte de plus de 14 jours a été imposée à toute la nouvelle équipe dans deux hôtels de Bremerhaven entièrement loués pour eux. «Les portes (des chambres) ne pouvaient pas s'ouvrir, il n'y a eu aucun contact avec des personnes extérieures (...). Des plateaux repas nous étaient livrés devant la porte», détaille-t-il.

Seule distraction des scientifiques confinés: chanter à leur fenêtre «Yellow Submarine» de The Beatles, rapporte la Süddeutsche Zeitung. «Tout le monde a subi trois tests» de dépistage du Covid-19, précise encore Markus Rex, soulagé que cette mission à laquelle il a consacré 11 ans de sa vie puisse se poursuivre.

Fin de l'expédition à l'automne

À bord du «Polarstern», qui a déjà affronté 150 jours de nuit polaire et des températures tombée à -39,5°C, l'équipe a vécu la mise sous cloche du monde à distance. «Beaucoup d'entre eux ont des familles et tentent évidemment de rester le plus étroitement possible en contact avec leurs proches par téléphone satellite», explique Torsten Kanzow, actuellement sur le brise-glace. Mais pas d'inquiétudes concernant une éventuelle pénurie de vivres. Des stocks avaient été embarqués pour plusieurs mois.

Au final, ces obstacles ne devraient pas avoir d'impact majeur sur les recherches menées, à en croire Markus Rex. «Des instruments de mesures automatiques» restés sur le camp de recherches sur les glaces «nous envoient des données nouvelles quotidiennes très intéressantes» même si «nous avons une interruption de certaines mesures» durant l'absence de Polarstern». La fin de l'expédition reste donc maintenue pour le 12 octobre.

(L'essentiel/ATS)

Vous venez de publier un commentaire sur notre site et nous vous en remercions. Les messages sont vérifiés avant publication. Afin de s’assurer de la publication de votre message, vous devez cependant respecter certains points.

«Mon commentaire n’a pas été publié, pourquoi?»

Notre équipe doit traiter plusieurs milliers de commentaires chaque jour. Il peut y avoir un certain délai entre le moment où vous l’envoyez et le moment où notre équipe le valide. Si votre message n’a pas été publié après plus de 72h d’attente, il peut avoir été jugé inapproprié. L’essentiel se réserve le droit de ne pas publier un message sans préavis ni justification. A l’inverse, vous pouvez nous contacter pour supprimer un message que vous avez envoyé.

«Comment s’assurer de la validation de mon message?»

Votre message doit respecter la législation en vigueur et ne pas contenir d’incitation à la haine ou de discrimination, d’insultes, de messages racistes ou haineux, homophobes ou stigmatisants. Vous devez aussi respecter le droit d’auteur et le copyright. Les commentaires doivent être rédigés en français, luxembourgeois, allemand ou anglais, et d’une façon compréhensible par tous. Les messages avec des abus de ponctuation, majuscules ou langages SMS sont interdits. Les messages hors-sujet avec l’article seront également supprimés.

Je ne suis pas d’accord avec votre modération, que dois-je faire?

Dans votre commentaire, toute référence à une décision de modération ou question à l’équipe sera supprimée. De plus, les commentateurs doivent respecter les autres internautes tout comme les journalistes de la rédaction. Tout message agressif ou attaque personnelle envers un membre de la communauté sera donc supprimé. Si malgré tout, vous estimez que votre commentaire a été injustement supprimé, vous pouvez nous contacter sur Facebook ou par mail sur feedback@lessentiel.lu Enfin, si vous estimez qu’un message publié est contraire à cette charte, utilisez le bouton d’alerte associé au message litigieux.

«Ai-je le droit de faire de la promotion pour mes activités ou mes croyances?»

Les liens commerciaux et messages publicitaires seront supprimés des commentaires. L’équipe de modération ne tolérera aucun message de prosélytisme, que ce soit pour un parti politique, une religion ou une croyance. Enfin, ne communiquez pas d’informations personnelles dans vos pseudos ou messages (numéro de téléphone, nom de famille, email etc).

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 48 heures a été désactivé en raison du très grand nombre de commentaires que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.

Les commentaires les plus populaires

  • WhaleWhisperer le 01.06.2020 21:46 Report dénoncer ce commentaire

    J'espère que pour des missions tellement isolées qu'en Arctique et Antarctique, et sur la ISS, les nouveaux équipages sont mises en quarantaire 14 jours et testées sur covid19, avant d'y débarquer.

  • TontonB le 01.06.2020 23:18 Report dénoncer ce commentaire

    La preuve que le virus est bien saisonnier ... au pôle Sud par contre il n'y a aucun cas ...

Les derniers commentaires

  • TontonB le 01.06.2020 23:18 Report dénoncer ce commentaire

    La preuve que le virus est bien saisonnier ... au pôle Sud par contre il n'y a aucun cas ...

  • WhaleWhisperer le 01.06.2020 21:46 Report dénoncer ce commentaire

    J'espère que pour des missions tellement isolées qu'en Arctique et Antarctique, et sur la ISS, les nouveaux équipages sont mises en quarantaire 14 jours et testées sur covid19, avant d'y débarquer.