Brésil

24 février 2020 07:47; Act: 24.02.2020 10:50 Print

Paillettes et contestation au carnaval de Rio

C'est l'heure des défilés des écoles de samba au carnaval de Rio, placé cette année sous le signe de la contestation politique.

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Une immense tête de mort dorée, une sirène noire dans un aquarium: la féerie et les messages politiques se sont invités dans la nuit de dimanche à lundi, au sambodrome, haut lieu d'un carnaval à la fois somptueux et contestataire. Malgré la vague ultraconservatrice qui a déferlé sur le Brésil depuis l'arrivée au pouvoir il y a un an du président d'extrême droite Jair Bolsonaro, Rio est déjà plongée dans l'ivresse du carnaval depuis plusieurs jours.

Pas moins de 2 millions de fêtards ont pris part à des cortèges délurés où la bière coule à flots dans les rues tout au long du week-end. Mais c'est au sambodrome que cette gigantesque fête populaire prend toute sa dimension féerique, avec des chars somptueux pouvant mesurer plus de dix mètres de haut et des milliers de danseurs aux costumes brillant de mille feux sous les projecteurs.

Sept des 13 principales écoles de samba de Rio défilent dimanche soir et les six autres lundi, dans l'espoir de convaincre les jurés de leur attribuer le titre très convoité de champion du carnaval. Un an de travail jugé en un peu plus d'une heure, devant quelque 70 000 spectateurs et des millions de téléspectateurs.

Corps recouverts de boue

Cette année, au-delà du strass et des paillettes, les écoles de samba ne lésinent pas sur les messages politiques. «Je crois que c'est très important de porter des messages politiques à un moment où notre gouvernement écrase les travailleurs. Les écoles de samba représentent la classe ouvrière», déclare à l'AFP Henrique Lott, perché sur un char de près de 8 mètres de haut représentant un énorme fossile de dinosaure. Déguisé en homme préhistorique, ce comédien de 27 ans est membre d'Estácio de Sá, la première école à défiler dimanche soir, sur le thème de la pierre.

Un des chars les plus impressionnants représentait la Serra Pelada, la Montagne Pelée, où des milliers de Brésiliens ont afflué pour chercher de l'or dans les années 80. Dans une image fidèle aux documentaires de l'époque, le char était peuplé d'une marée humaine aux corps recouverts de boue. Et en premier plan, une énorme tête de mort, représentant le désastre à la fois humain et environnemental de cette ruée vers l'or.

Quelques dizaines de mètres plus loin, un autre char montrait le module de la mission Apollo 11 sur une énorme Lune d'environ 5 mètres de diamètre, avec des astronautes gravitant autour grâce à un ingénieux système de treuils quasi invisibles à l'œil nu. La deuxième école à défiler, Viradouro, a présenté dans son premier char un immense aquarium dans lequel nageait une sirène noire à la longue queue de poisson dorée.

Message de tolérance

La championne en titre, Mangueira, était la troisième à se présenter dimanche, avec un défilé très engagé: un Jésus «au visage noir, au sang indigène et au corps de femme», né dans une favela et prêchant un message de tolérance. Le choix de ce thème a suscité de nombreuses critiques de groupes ultraconservateurs, qui l'ont jugé blasphématoire. La chanson de Mangueira a pour titre «La vérité vous rendra libre», extrait d'un verset biblique cité à maintes reprises par Jair Bolsonaro, qui a bénéficié de l'appui massif des Églises évangéliques lors de son élection en octobre 2018.

Pour la première fois, les écoles de samba, qui donnent toute sa splendeur au carnaval brésilien, se présentent sans subvention publique de la mairie. Depuis son élection en 2016, le maire Marcelo Crivella, pasteur évangélique, a toujours snobé la plus grande fête populaire du Brésil.

Les subventions, qui s'élevaient à deux millions de réais par école en 2017 (environ 625 000 euros au taux de change moyen de cette année), ont été réduites progressivement, jusqu'à disparaître cette année. «Comme on n'a plus de subvention, on doit se débrouiller pour que le défilé soit prêt à temps. On organise des évènements au siège de l'école pour obtenir des fonds, on est une grande famille», explique, Leila Aparecida, 52 ans, membre d'Estácio de Sá.

(L'essentiel/afp)

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