Santé

30 août 2019 08:49; Act: 30.08.2019 11:52 Print

Une deuxième mutation génétique résiste au sida

Des chercheurs espagnols ont découvert une seconde mutation génétique capable de résister naturellement au virus du sida.

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Un patient utilise un test VIH au Zimbabwe, le 25 juin 2019. (Image d'illustration)

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Une mutation génétique extrêmement rare, responsable d'une maladie musculaire touchant une centaine de personnes, crée une immunité naturelle contre le virus du sida, selon des chercheurs espagnols. De quoi espérer une piste pour de nouveaux médicaments anti-VIH.

Une première mutation était bien connue jusqu'à présent: celle découverte après avoir été transmise au fameux «patient de Berlin», Timothy Brown, guéri du VIH grâce à une greffe de cellules-souches contenant une mutation rare du gène CCR5, qui confère une immunité naturelle contre ce virus.

Des chercheurs s'intéressaient au même gène

La nouvelle mutation concerne un autre gène (Transportine-3 ou TNPO3) et est beaucoup plus rare: elle a été découverte il y a des années chez une même famille en Espagne, atteinte d'une maladie musculaire ultra-rare, appelée dystrophie musculaire des ceintures de type 1F.

Les médecins se sont aperçus que des chercheurs sur le VIH s'intéressaient séparément au même gène, car il joue un rôle dans le transport du virus à l'intérieur des cellules. Ils ont donc contacté des généticiens de Madrid, qui ont eu l'idée de tenter d'infecter, en laboratoire, du sang des membres de cette famille espagnole avec le virus du sida.

«Il y a encore beaucoup de choses qu'on connaît mal»

L'expérience livra une surprise: les lymphocytes de ceux qui avaient cette maladie musculaire ultra-rare étaient naturellement résistants au VIH. Le virus n'arrivait pas à rentrer dedans. «Cela nous aide à comprendre beaucoup mieux le transport du virus dans la cellule», explique en français José Alcami, le virologue de l'Institut de santé Carlos III à Madrid qui a mené ces recherches publiées dans la revue américaine «PLOS Pathogens».

Le VIH est certes le mieux connu de tous les virus, dit-il, «mais il y a encore beaucoup de choses qu'on connaît mal. Par exemple, on ne sait pas pourquoi 5% des patients qui sont infectés ne développent pas de sida. Il y a des mécanismes de résistance à l'infection qu'on comprend très mal».

(L'essentiel/afp)