Christine Majerus

24 janvier 2020 08:00; Act: 24.01.2020 14:42 Print

«Mon premier boulot, c'était de faire du vélo»

LUXEMBOURG - Jean-Luc Bertrand a reçu Christine Majerus, cycliste professionnelle, dans sa séquence «Story», diffusée sur «L'essentiel Radio».

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Christine Majerus a avoué à Jean-Luc Bertrand qu'elle ne voulait pas terminer sa carrière, après de très longues années, comme la Française Jeannie Longo.

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La cycliste pro, Christine Majerus, est comme le bon vin: elle ne cesse de s'améliorer au fil des ans! «La saison 2019 était un bon cru effectivement» a reconnu, au micro de Jean-Luc Bertrand, celle qui est née le 25 février 1987, à Luxembourg-Ville. «La saison était difficile, mais c'était la meilleure en terme de résultats. Je n'ai jamais baissé les bras, ce qui m'a permis d'aller chercher des victoires en fin de saison. En cyclisme, il faut persévérer et toujours aller au-delà de la difficulté pour aller au bout de ses rêves».

Après avoir participé aux JO de Londres en 2012 et aux JO de Rio en 2016, Christine Majerus sera encore de la partie en 2020 aux JO de Tokyo. «J'ai fait ce qu'il fallait pour mériter ma qualification», a-t-elle souligné. «Chez les dames, le Luxembourg a une place pour la course en ligne et pour le chrono, après, c'est au comité olympique (COSL) de décider. J'espère participer à mes troisièmes Jeux, car je garde un souvenir un peu mitigé des précédents».

«Notre équipe est à la recherche de sponsors pour 2021»

Présente aux quatre coins du monde tout au long de l'année, Christine Majerus reconnaît que ce sont surtout les voyages qui ajoutent beaucoup de fatigue au fil du temps. «Une bonne organisation est indispensable pour bien récupérer et être au top le jour de la compétition. Après, ma vie n'est pas forcément différente de quelqu'un qui va travailler tous les jours, si ce n'est que j'ai la chance d'avoir ma passion comme mon boulot. Je ne me considère pas comme quelqu'un qui a une vie plus spéciale que les autres».

Membre de l'équipe cycliste Boels-Dolmans depuis 2014, Christine Majerus verra les deux sponsors principaux quitter le navire au terme de la saison 2020. «Ils ont décidé de ne pas renouveler, car en terme de marketing, ils ont atteint leurs objectifs», a-t-elle précisé. «La structure cherche de nouveaux sponsors et c'est actuellement le travail de notre directeur sportif et de notre manager. Il ne reste que quelques mois pour finaliser tout ça. S'ils trouvent, l'équipe continuera, si non, ce sera la fin d'une belle épopée, car nos deux sponsors ont bien fait grandir le cyclisme féminin».

«Le cyclisme féminin va dans la bonne direction»

«En finançant mes études, mes parents m'ont donné la chance de ne pas devoir travailler à côté», a reconnu Christine Majerus. «Ce qui m'a permis de faire beaucoup de sport et du coup, il ne me restait pas beaucoup de temps pour travailler. Mon premier boulot, c'était donc de faire du vélo. Mon premier salaire? J'étais tellement contente de gagner enfin de l'argent que je l'ai mis de côté, précieusement, et je l'ai dépensé le jour où j'ai dû faire des courses pour remplir mon frigo».

11e lors du dernier championnat du monde qui s'est déroulé dans le Yorkshire et 9e au classement UCI au terme de la saison 2019, Christine Majerus est heureuse de constater qu'il est plus simple d'être une cycliste professionnelle en 2020. «En dix ans, beaucoup de choses ont changé positivement», dit-elle. «Quand j'ai commencé, j'étais dans des petites équipes UCI où je ne gagnais pas d'argent. Je ne mettais rien de côté. Ces dernières années, on a essayé de professionnaliser notre sport et celles qui font partie d'une équipe World Tour auront désormais un salaire minimum. On va dans la bonne direction et la nouvelle génération aura plus de facilités à gagner sa vie sur un vélo».

«Je ne veux pas terminer comme Jeannie Longo»

Six fois récompensée comme sportive de l'année au Luxembourg, dont cinq années consécutives, Christine Majerus règne sur le sport féminin au Grand-Duché. «C'est difficile, car il y a de plus en plus de concurrence et les gens commencent désormais à me parler du record de sept récompenses. On ne fait pas le sport pour ça, ce n'est pas cela qui nous motive tous les jours à l'entraînement, mais cela fait plaisir. J'espère et je fais tout pour être un exemple pour la prochaine génération. Quand on est sportive de haut niveau, c'est motivant de transmettre et de montrer que l'on peut devenir pro, si on est motivée. Tout est possible, à partir du moment où l'on se donne les moyens d'y arriver».

Quand on lui demande où se trouve la relève luxembourgeoise en cyclisme féminin, Christine Majerus répond «qu'elle n'est pas éternelle» et «qu'elle ne veut pas terminer comme Jeannie Longo (une cycliste française dont la carrière s'est étendue de 1979 à 2013)». Ce qui lui fait surtout plaisir, «c'est de voir que des toutes jeunes se mettent au vélo». «L'objectif, c'est de les garder dans le sport», dit-elle, «beaucoup de filles talentueuses sont là. On aura jamais autant d'affiliées que les grands pays, mais qualitativement, le Luxembourg a toujours montré qu'il pouvait être là».

La playlist de Christine Majerus

(fl/L'essentiel )