Londres

27 juillet 2020 18:22; Act: 27.07.2020 18:25 Print

Assange a été espionné comme dans «un film»

Une société espagnole chargée de la sécurité de l’ambassade de l’Equateur à Londres aurait épié le fondateur de WikiLeaks, qui porte plainte.

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Me Baltasar Garzon. (photo: KEYSTONE)

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Baltasar Garzon, l'avocat espagnol de Julian Assange, a affirmé lundi après avoir été entendu par un juge, que le fondateur de Wikileaks avait été espionné comme dans «un film» lorsqu'il était réfugié dans l'ambassade d'Équateur à Londres.

Julian Assange a porté plainte contre la société espagnole Undercover Global qu'il accuse de l'avoir espionné pendant des années pour le compte des États-Unis lorsqu'il était réfugié au sein de l'ambassade d'Équateur à Londres entre 2012 et 2019. Cette firme était chargée de la sécurité de l'ambassade.

«On pourrait dire que ça n'arrive réellement que dans les films d'espionnage mais ce n'est pas un film d'espionnage», a déclaré Baltasar Garzon à sa sortie du haut tribunal de l'Audience nationale où il était entendu dans cette affaire.

«C'est quelque chose de scandaleux», a ajouté Baltasar Garzon, ancien juge vedette, en évoquant les images de vidéosurveillance prises dans l'ambassade où l'on voit notamment «les avocats en train de parler à Julian».

Même dans les toilettes

Selon la plainte de Julian Assange, des micros et caméras étaient cachés jusque dans les toilettes pour femmes où l'Australien organisait beaucoup de réunions par souci de confidentialité, ainsi que dans les supports des extincteurs.

La défense du cybermilitant, détenu à Londres, espère que l'enquête pour espionnage en cours en Espagne pourra l'aider dans la procédure d'extradition lancée à son encontre par les États-Unis. L'Australien de 49 ans y encourt jusqu'à 175 ans d'emprisonnement pour avoir diffusé à partir de 2010 plus de 700’000 documents classifiés sur les activités militaires et diplomatiques américaines, notamment en Irak et en Afghanistan.

«Nous avons mis à disposition des autorités judiciaires britanniques tous ces éléments, parce qu'ils ont un impact direct sur l'extradition et ils démontrent, de notre point de vue, que Julian Assange a été l'objet d'une persécution politique», a plaidé Baltasar Garzon, coordinateur de la défense d'Assange.

La justice espagnole a aussi entendu lundi les témoignages de Stella Morris, compagne et avocate de Julian Assange, et de Fidel Narvaez, ex-consul d'Équateur à Londres.

«Julian va mal, mais un peu mieux, disons, en attendant la poursuite de la procédure d'extradition» par les États-Unis qui doit reprendre le 7 septembre, a ajouté Baltasar Garzon.

Toujours dans le cadre de cette affaire d'espionnage présumé, la justice espagnole a admis en juin une plainte de l'ancien président équatorien Rafael Correa contre Undercover Global.

Rafael Correa y accuse notamment cette société, qui a assuré sa sécurité jusqu'en 2019, d'avoir suivi et pris des photos de ses rencontres avec Baltasar Garzon.

(L'essentiel/afp)