En Italie

16 septembre 2019 16:32; Act: 16.09.2019 16:53 Print

Deux officiers jugés pour le naufrage de migrants

Deux officiers italiens sont poursuivis pour homicide involontaire, après la mort de 260 migrants en 2013.

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Le naufrage avait fait près de 260 morts dont des dizaines d'enfants. (photo: archive/photo d'illustration)

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Une juge de Rome a décidé lundi le renvoi en justice pour homicide involontaire de deux officiers italiens, de la marine et des garde-côtes, après un naufrage de migrants. Plus de 260 migrants sont morts ou disparus dans cette catastrophe en 2013. La magistrate Bernadette Nicotra a renvoyé devant le tribunal Leopoldo Manna, commandant de la salle opérationnelle des garde-côtes et Luca Licciardi, commandant de la salle opérationnelle de la marine militaire. Leur procès débutera le 3 décembre.

Le 11 octobre 2013, le centre de coordination des garde-côtes italiens à Rome avait reçu à 12h39 un premier appel au secours d'une embarcation en difficulté, avec près de 480 Syriens et Palestiniens à bord, dont une centaine d'enfants.

Malte et Rome se renvoient la balle

Pendant plusieurs heures, Rome et La Valette s'étaient renvoyé la balle: l'embarcation était dans la zone de recherches et de secours de Malte, mais à seulement 60 milles de l'île italienne de Lampedusa et surtout, un patrouilleur italien, le Libra, se trouvait à moins de 45 minutes de là.

Vers 16h, un avion de reconnaissance de l'armée maltaise avait repéré le navire en détresse et tenté en vain d'avertir le Libra. Une heure plus tard, le navire avait chaviré. Une vedette maltaise était arrivée peu après, et le Libra, finalement mobilisé, vers 18h. Le bilan avait été lourd: 212 rescapés, 26 morts et plus de 240 disparus, dont une soixantaine de jeunes enfants.

Enregistrements publiés

La plainte déposée en Italie par des rescapés est longtemps restée au point mort, jusqu'à ce qu'un documentaire du journaliste Fabrizio Gatti, en octobre 2017, rende publics les enregistrements des échanges entre les services de secours et le navire.

Un de ces enregistrements montre qu'à 15h37, la marine italienne décide d'éloigner le Libra, pour lui éviter «de faire partie des couillons quand les vedettes (maltaises) arriveront». L'apparente indifférence des officiers en charge ce jour-là a relancé la procédure jusqu'au tribunal pénal de Rome.

(L'essentiel/nxp/ats)