Aux Pays-Bas

06 juin 2019 11:59; Act: 06.06.2019 12:22 Print

L'ado néerlandaise «n'a pas été euthanasiée»

Noa Pothoven, 17 ans, dépressive après avoir été victime de viols dans son enfance, est décédée après avoir cessé de s'alimenter. Elle avait dit avoir «perdu l'envie de vivre».

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L'adolescente néerlandaise Noa Pothoven, qui souffrait de dépression après avoir été victime de viols durant son enfance, est décédée après avoir cessé de s'alimenter et de boire mais n'a pas été euthanasiée, a déclaré mercredi une clinique aux Pays-Bas, contredisant de nombreux médias internationaux.

Noa Pothoven, 17 ans, auteure l'an dernier d'un livre sur sa longue bataille contre l'anorexie, la dépression sévère et un syndrome de stress post-traumatique, est décédée dimanche après avoir indiqué quelques jours plus tôt sur son compte Instagram avoir «perdu l'envie de vivre».

Certains médias néerlandais ont affirmé que Noa avait contacté la clinique Levenseindekliniek de La Haye, spécialisée dans l'euthanasie, pour solliciter un suicide assisté, mais s'était vu opposer un refus. Des médias internationaux ont alors rapporté mardi et mercredi que la jeune fille avait été euthanasiée.

Mettre un terme aux infox

«Pour mettre un terme aux fausses informations (dans les médias internationaux en particulier) sur sa mort, nous vous renvoyons à la déclaration faite par les amis de Noa cet après-midi: Noa Pothoven n'a pas été euthanasiée», a déclaré l'établissement dans un communiqué. «Pour mettre fin à ses souffrances, elle a cessé de manger et de boire», a poursuivi l'établissement.

De son côté, le ministre néerlandais de la Santé, Hugo de Jonge, a déclaré dans un communiqué, que la famille de la jeune fille, qui avait fait plusieurs tentatives de suicide, confirmait qu'il n'y avait pas eu d'euthanasie. «Nous sommes en contact avec sa famille qui nous a dit que, contrairement à ce que des médias internationaux ont affirmé, il n'est pas question d'euthanasie dans ce cas», a déclaré Hugo de Jonge. «Il faut désormais permettre à la famille de faire le deuil de Noa en paix», a-t-il ajouté.

Enquête

Le ministre a précisé avoir demandé à l'Inspection des soins de santé et de la protection de l'enfance d'«enquêter» sur ce cas, assurant que «les questions autour de sa mort et les soins qu'elle a reçus sont compréhensibles, mais elles ne recevront de réponses qu'une fois les faits établis». Avec la Belgique, les Pays-Bas ont été en 2002 le premier pays au monde à légaliser l'euthanasie des personnes malades dont la souffrance est «insupportable et sans perspective d'amélioration». L'euthanasie n'est autorisée par la loi néerlandaise que sous de strictes conditions. Au moins deux médecins doivent certifier qu'il n'y a pas d'autre solution raisonnable pour le patient.

La «Levenseindekliniek pratique exclusivement l'euthanasie et le fait explicitement dans le cadre juridique néerlandais», a assuré la clinique. Noa Pothoven avait subi une agression sexuelle à l'âge de 11 ans. Trois ans plus tard, elle avait été victime de deux viols dans sa ville d'origine, Arnhem. Elle avait annoncé son intention de mourir dans un message publié sur son compte Instagram, qui a depuis été supprimé.

«Dans les 10 prochains jours, je vais mourir», écrivait-elle. «Cela fait un moment que je cesse de manger et de boire et après de nombreuses discussions, il a été décidé de me laisser partir parce que ma vie est insupportable», avait-elle ajouté. Noa Pothoven a publié en 2018 un ouvrage intitulé «Gagner ou apprendre», dans lequel elle raconte son combat contre ses angoisses et son mal-être.

(L'essentiel/afp)