Caricatures du prophète

25 octobre 2020 14:43; Act: 26.10.2020 11:28 Print

La rixe verbale entre Turquie et France se poursuit

Les caricatures du prophète sont utilisées pour intimider les musulmans en Europe, selon le directeur de communications à la présidence turque.

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Le président turc Recep Tayyip Erdogan a tenu des propos violents à l’encontre d’Emmanuel Macron. Ce dernier avait promis de ne pas «renoncer aux caricatures» du prophète Mahomet. (photo: AFP)

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Un responsable de la présidence turque a affirmé dimanche que les «caricatures offensantes» du prophète Mahomet étaient utilisées pour intimider les musulmans en Europe sous le prétexte de la liberté d’expression, alors que la tension monte entre Ankara et Paris.

Fahrettin Altun, directeur de communications à la présidence, a accusé l’Europe de diaboliser les musulmans, comme les Juifs l’avaient été dans les années 1920.

«La politique insidieuse des caricatures offensantes, des accusations de séparatisme contre les musulmans et des perquisitions de mosquées ne sont pas liées à la liberté d’expression», a affirmé Fahrettin Altun en anglais sur Twitter. «Il s’agit d’intimider les musulmans et de leur rappeler qu’ils sont les bienvenus pour continuer à faire fonctionner l’économie de l’Europe, mais qu’ils n’en feront jamais partie – sur fond de discours sur l’intégration», a-t-il ajouté.

Il a soutenu que cette attitude à l’égard des musulmans était «étrangement familière» et ressemblait à «la diabolisation des Juifs européens dans les années 1920».

Attaque violente d’Erdogan

Ces commentaires sont intervenus alors que la France a rappelé son ambassadeur en Turquie pour consultations, à la suite de propos extrêmement violents samedi du président Recep Tayyip Erdogan contre Emmanuel Macron, au sujet de l’affaire des caricatures.

Le président Erdogan avait mis en doute la «santé morale» du président français et l’avait invité à «se faire soigner».

Emmanuel Macron avait promis de ne pas «renoncer aux caricatures» du prophète Mahomet lors d’un hommage au professeur Samuel Paty, décapité par un assaillant islamiste après avoir montré à ses élèves des dessins de Mahomet, à l’occasion d’un cours sur la liberté d’expression. La représentation des prophètes est strictement interdite par l’islam sunnite.

«Structurer l’islam»

Il y a deux semaines, Recep Tayyip Erdogan avait déjà dénoncé comme une provocation les déclarations du président français sur le «séparatisme islamiste» et la nécessité de «structurer l’islam» en France.

«Certains dirigeants européens aujourd’hui ne visent pas seulement les musulmans parmi eux. Ils attaquent nos valeurs et nos textes sacrés, notre prophète et nos dirigeants politiques – tout notre mode de vie», a encore ajouté Fahrettin Altun.

Il a affirmé que les Européens devaient comprendre que «les musulmans ne partiront pas parce que vous ne voulez pas de nous. Nous n’allons pas tendre l’autre joue quand vous nous insultez. Nous allons nous défendre et défendre les nôtres à tout prix».

(L'essentiel/AFP/NXP)