Procès Charlie

11 septembre 2020 21:12; Act: 11.09.2020 21:14 Print

«Extrêmement désolé, j’ai rien à voir avec ça»

Le procès des attentats survenus en janvier 2015 à Paris se poursuit. Les accusés se sont tous désolidarisés des actes terroristes tout en saluant le courage des victimes.

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Le procès se tient actuellement à Paris. (photo: AFP/Benoit Peyrucq)

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Les accusés présents au procès des attentats de janvier 2015 en France se sont affirmés «émus» vendredi par le récit des proches des victimes et des survivants de la tuerie de Charlie Hebdo, disant «condamner» les attentats et le terrorisme.

Accusés d’avoir apporté un soutien logistique aux trois auteurs des attentats, qui ont été tués, ils assurent n’avoir rien su de leurs projets d’attaques.

«J’aimerais présenter mes condoléances aux familles: j’ai été impressionné par leur courage et leur dignité», a assuré Miguel Martinez, accusé d’avoir aidé l’un des tueurs, Saïd Kouachi, à se procurer des armes.

Il a été invité par la Cour d’assises spéciale de Paris à s’exprimer sur le récit des parties civiles, après une semaine de témoignages éprouvants.

«Semaine bouleversante»

«J’aimerais dire aux victimes qu’elles ont eu beaucoup de courage de venir témoigner. J’espère que ce procès leur apportera des réponses», a déclaré de son côté Abdelaziz Abbad, accusé des mêmes faits, assurant avoir ressenti un «choc» face aux images de l’attentat contre l’hebdomadaire satirique, projetées au procès.

Un message unanimement relayé par leurs co-accusés, dont plusieurs ont tenu à condamner les attentats. «Je condamne ce qui s’est passé, les attentats du 7, du 8, du 9. Je crache sur ces gens-là, les frères Kouachi que je ne connais même pas, sur Amédy Coulibaly que je croyais connaître», a déclaré Nezar Mickaël Pastor Alwatik, évoquant une «semaine bouleversante».

«Je suis musulman et je ne comprends pas pourquoi on tue au nom de Dieu, au nom du prophète, je ne comprends pas… On ne tue pas parce qu’on a fait un dessin, ça ne rentre pas dans ma tête», a abondé Metin Karasular, visiblement ému.

Réactions contrastées

Le principal accusé, Ali Riza Polat, a assuré de son côté se «désolidariser» avec «ce qu’ont fait» les auteurs des attaques de Charlie Hebdo, d’une policière à Montrouge et de la supérette juive Hyper Cacher, qui ont fait 17 morts: «Je suis extrêmement désolé pour les familles, j’ai rien à voir avec ça».

Ces déclarations, effectuées à la demande du président de la Cour après une nouvelle journée consacrée aux témoignages des proches de victimes, ont suscité des réactions contrastées dans la salle d’audience.

«Je suis très mal à l’aise avec ce que je viens d’entendre. Je peux comprendre que les accusés veuillent se démarquer des faits extrêmement graves, des images… Mais l’appréciation d’un témoignage d’une victime me dérange», a fait savoir Me Marie-Laure Barré, avocate de plusieurs parties civiles. «Ce n’est pas une appréciation!» ont protesté des avocats de la défense.

Au total, quatorze personnes sont poursuivies devant la Cour d’assises, soupçonnées à des degrés divers de soutien logistique aux auteurs des attentats. Parmi elles, trois sont jugés par défaut, dont Hayat Boumeddiene, compagne en fuite de Coulibaly.

(L'essentiel/afp)