Attaque à Paris

26 février 2020 16:46; Act: 26.02.2020 17:15 Print

Il se demandait «comment tuer les infidèles?»

Les recherches menées dans les ordinateurs et smartphones de Mickaël Harpon, auteur de la tuerie survenue en octobre 2019, à la préfecture de police de Paris, ont enfin parlé.

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Une recherche effectuée sur Internet par Mickaël Harpon, une heure avant son attaque à la préfecture de police de Paris, début octobre, accrédite l'hypothèse terroriste des enquêteurs, a appris mercredi l'AFP de sources proches du dossier.

«Environ une heure avant l'attaque, juste avant d'acheter les couteaux qu'il a utilisés, il a effectué sur Internet la recherche "Comment tuer des infidèles?"», a précisé une de ces sources, confirmant une information du Parisien. Cet élément a été mis au jour grâce à de premières exploitations partielles d'un téléphone de l'assaillant, qui était protégé par un mot de passe et n'avait pas pu être déverrouillé durant l'enquête de flagrance, a ajouté cette source.

Mode opératoire similaire

Le 3 octobre, Mickaël Harpon, agent administratif de la préfecture de police de Paris, a tué au couteau quatre de ses collègues dans l'enceinte même de la prestigieuse institution, avant d'être abattu. L'enquête sur cette affaire, confiée à des juges d'instruction antiterroristes, n'a pas encore pu déterminer officiellement les motivations de cet agent, converti à l'islam, il y a une dizaine d'années, et soupçonné de radicalisation.

L'attaque, dont le mode opératoire correspond aux appels récurrents du groupe État islamique (EI) à s'attaquer aux forces de l'ordre et aux représentants de l’État, n'a pas été revendiquée. L'EI l'a toutefois mentionnée dans une de ses lettres hebdomadaires de propagande. Dans le téléphone de l'épouse, les policiers avaient retrouvé 33 SMS échangés avec le tueur le matin du drame, avec des propos à connotation religieuse.

Crise

Cette femme de 38 ans, souffrant comme son mari de surdité, a assuré aux enquêteurs n'avoir jamais eu connaissance du projet de son époux. Elle a décrit une crise qui l'a agité la nuit précédant l'attaque. Des voisins l'ont aussi entendu crier à plusieurs reprises «Allah Akbar» cette nuit-là.

«On a affaire à des profils complexes, déséquilibrés, mais animés au moment du passage à l'acte, et sans doute confortés pour le faire, par une motivation terroriste», a relevé auprès de l'AFP l'autre source proche du dossier. Une commission d'enquête parlementaire travaille actuellement sur ce dossier. Certains de ses membres ont insisté sur l'absence de remontée d'informations concernant des soupçons de radicalisation de Mickaël Harpon, alors que, selon un rapport interne rédigé après la tuerie, il aurait déclaré à un collègue, à propos de l'attentat de Charlie Hebdo: «C'est bien fait». Le secrétaire d’État à l'Intérieur, Laurent Nuñez, doit être interrogé par cette commission, mercredi après-midi.

(L'essentiel/joc/afp)