En France

23 septembre 2020 13:00; Act: 23.09.2020 14:36 Print

Instituteur le jour et star des tatouages la nuit

En région parisienne, un homme de 35 ans conjugue sa passion du tatouage avec son métier d'instituteur en école élémentaire.

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«J'en suis à environ 460 heures de tatouage, 57 000 euros». Sylvain Hélaine, alias Freaky Hoody sur les réseaux sociaux, est considéré comme l'homme le plus tatoué de France. Motifs floraux colorés sur le crâne, tête de démon dans le dos, la coqueluche des conventions de tatouage a commencé à recouvrir son corps en 2012. «Je l'ai fait en trois ans. Maintenant je repasse en transparence», explique-t-il en désignant son bras dont les anciens motifs sont recouverts de fines lignes imitant des fibres musculaires.

Il n'en regrette aucun, dans «une démarche philosophique inédite: je rends le tatouage, qui est censé être permanent, éphémère. Je finirai surement tout noir à 80 ans». Le plus impressionnant, ce sont ses yeux, «plus une modification corporelle qu'un tatouage», souligne-t-il. Ses pupilles et ses iris marrons ressortent à peine du «blanc» des yeux, transformé en noir de jais. Il a dû aller en Suisse pour avoir recours au tatouage oculaire, interdit en France. «C'est une torture, on vous tient l’œil grand ouvert, vous sentez l'aiguille qui le perce», raconte cet homme de 35 ans. «On ne sait pas si ça va bien se passer. C'est pourquoi je dis aux gens "ne le faites pas". Mais moi, j'avais l'impression d'être incomplet».

Son corps lui ouvre des portes. «Des agences de mannequin m'ont recruté pour des films, des séries. J'ai rencontré Mathieu Kassovitz, Joey Starr, Lana Wachowsky...». De fil en aiguille, il anime et défile dans des conventions de tatouage, et des boîtes de nuit le recrutent pour danser. «Le tatouage alimente le tatouage», explique celui qui a vécu jusqu'à 33 ans chez sa mère, seule façon de financer ses tatouages avec son «salaire d'instit'». Car Sylvain Hélaine, tatoué des pieds à la tête, est maître d'école. Ses élèves, du CP au CM2, ont entre 6 et 11 ans. L'âge de toutes les curiosités mais aussi de toutes les peurs.

«Je provoque toujours un moment de stupéfaction chez les enfants et les parents. Mais quand je me présente et qu'ils voient que je suis un enseignant comme les autres, tout se passe bien», raconte celui qui se dit passionné par son métier. L'enseignant estime pourtant que sa particularité fait sa force: «Les enfants qui me voient apprennent la tolérance et le respect des autres. Quand ils seront adultes il y aura peut-être plus de chance qu'ils ne soient pas racistes, homophobes, qu'ils ne regardent pas les handicapés comme des bêtes de foire».

«C'est juste ses yeux qui font peur»

«Il ne faut pas le juger à cause de son apparence», s'exclame Gayané, en CM1 à l'école Paul Langevin de Palaiseau. «C'est juste ses yeux qui font peur mais il est très gentil». «C'est inquiétant que les gens s'arrêtent à l'apparence physique. C'est surtout les parents qui réagissent parce qu'aujourd'hui on éduque plus les jeunes à respecter toutes les apparences», analyse Loïc, l'un de ses anciens élèves en CM2.

Les seuls problèmes qu'il rencontre, «c'est avec les parents d'enfants que je n'ai pas en classe». Certains ont même envoyé une lettre à ma hiérarchie avec des photos de lui nu trouvées sur Internet, provoquant sa «mise au placard» pendant sept semaines.

«Je n'ai rien contre les tatouages mais je pense qu'un prof doit être neutre à l'heure où on parle de la tenue vestimentaire des filles», estime Farid, 45 ans, qui «ne sait pas» si son enfant a été en classe avec l'instituteur. «C'est sa vie, il fait ce qu'il veut tant qu'il respecte, et il travaille bien», remarque un autre parent d'élève dont l'enfant est en CM1 avec M. Hélaine. «Il faut être tolérant: ce qu'il fait de sa vie privée ne nous regarde pas», tranche Lydie Songo, mère d'élève. «Mes enfants l'appellent "Monsieur Serpent" mais je vais leur parler, il faut qu'ils l'acceptent comme ça. Ça doit le gêner toute cette attention».

(L'essentiel/AFP)

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Les commentaires les plus populaires

  • Compétences le 23.09.2020 14:12 Report dénoncer ce commentaire

    Je trouve ça moche mais c'est son corps, il est libre de faire ce qu'il veut. On lui demande d'être un "bon" prof, s'il est un bon prof alors ses tatouages ne sont pas un obstacle à son métier. S'il est un mauvais prof alors il faut le virer. Mais je dirais la même chose pour un prof non tatoué !

  • briciola le 23.09.2020 13:20 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    je trouve ça pas beau Je dirais même pas beau du tout

  • gazeleau le 23.09.2020 13:29 Report dénoncer ce commentaire

    "Certains ont même envoyé une lettre à sa hierarchie avec des photos de lui nu trouvées sur Internet" Il faut vraiment ne pas avoir de décence pour faire ce genre de recherches sur internet!! Ils ont encore de l'amour propre ces parents d'élève ?

Les derniers commentaires

  • DamnBro le 24.09.2020 13:06 Report dénoncer ce commentaire

    J'aurais aimer avoir un prof comme ca !

  • rené sance le 24.09.2020 10:29 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    La décadence est en marche, ça fait vendre du torchon

  • lou le 24.09.2020 10:21 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    En maternelle j’avais peur de mon maître avec ces cheveux long. Alors là, j’imagine même pas ma peur petite.

  • vendredi le 24.09.2020 08:45 Report dénoncer ce commentaire

    Beau ou pas beau, c'est une affaire de goût. Mais c'est quand même courageux de transformer ainsi son apparence de façon aussi irréversible. Il n'était pas satisfait de la sienne sans doute. Cela reflète quand même un certain mal de vivre.

  • Jordan Belfort le 24.09.2020 00:29 Report dénoncer ce commentaire

    Ce n’est pas plus choquant que les profs qui font l’apologie du socialisme à leurs élèves.