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15 février 2019 07:36; Act: 15.02.2019 15:53 Print

Un mois de prison avec sursis pour Éric Drouet

Un mois de prison avec sursis et amende requis contre le «gilet jaune» Éric Drouet, accusé d'avoir organisé des manifestations sans déclaration préalable.

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Éric Drouet est un des leaders du mouvement des «gilets jaunes». (photo: AFP/Zakaria Abdelkafi)

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Le parquet a requis un mois de prison avec sursis et 500 euros d'amende contre Éric Drouet, figure du mouvement des «gilets jaunes», jugé vendredi à Paris pour «organisation de manifestations sans déclaration préalable». Le tribunal rendra sa décision le 29 mars.

Le chauffeur routier de Seine-et-Marne a comparu devant le tribunal correctionnel de Paris, deux jours après l'ex-boxeur Christophe Dettinger. Ce dernier a été condamné à un an de prison ferme, aménageable en semi-liberté, pour avoir violemment frappé deux gendarmes, le 5 janvier, lors de l'acte 8 des «gilets jaunes».

Éric Drouet est lui jugé pour l'«organisation sans déclaration préalable» de deux manifestations, le 22 décembre - l'acte 6 des «gilets jaunes» lors duquel il avait déjà été interpellé - et le 2 janvier. Il encourt six mois d'emprisonnement et 7 500 euros d'amende.

État de droit

Le 2 janvier, Éric Drouet a été arrêté près des Champs-Élysées, encadré par des policiers hués par des «gilets jaunes». Ce père de famille de 33 ans se défend d'être un leader des «gilets jaunes» mais ses prises de parole pèsent dans la contestation.

«Je n'ai aucun rôle d'organisateur ou de leader dans ce mouvement» des «gilets jaunes», a dit au tribunal Éric Drouet, à la fin du procès. "Je suis juste un relayeur d'informations", a affirmé le chauffeur routier de 34 ans.

Le médiatique Éric Drouet est un des initiateurs de la première mobilisation nationale des «gilets jaunes», le 17 novembre. C'est lui qui avait créé l'événement Facebook «Blocage national contre la hausse des carburants». Il est devenu l'un des visages les plus connus de ce mouvement de contestation qui dure depuis trois mois et représente la plus grave crise du mandat d'Emmanuel Macron.

«Nous irons où nous voulons aller»

Le procureur a lu plusieurs messages envoyés par Éric Drouet le 22 décembre et le 2 janvier: «On dira au dernier moment» le lieu de rassemblement, «Nous irons où nous voulons aller».

Le gouvernement, qui veut faire voter une loi «anticasseur» prévoyant notamment des interdictions administratives de manifester, a défendu l'interpellation du routier au nom de l'État de droit. «Quand quelqu'un organise une manifestation alors qu'elle n'est pas déclarée, c'est qu'il ne respecte pas l'État de droit», a estimé le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire.

«Ce procès est clairement politique. a dénoncé son avocat,Khéops Lara. On veut désigner (Éric Drouet) comme figure pensante, comme tête. On vous demande de le condamner pour cela. On veut casser le mouvement en silence». Éric Drouet sera par ailleurs jugé le 5 juin pour port d'armes prohibé, en l'espèce un bâton, lors de la manifestation du 22 décembre.

(L'essentiel/afp)