En France

02 juin 2020 21:32; Act: 03.06.2020 17:29 Print

Les gendarmes mis en cause dans l'affaire Traoré

La responsabilité des gendarmes dans la mort d'Adama Traoré, un jeune homme noir décédé en 2016 lors d'une arrestation, est pointée par une nouvelle expertise réalisée à la demande de sa famille.

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Une manifestation s'est tenue mardi à Paris. (photo: AFP/Stephane de Sakutin)

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Ce rapport médical a été dévoilé quelques jours après une ultime expertise ordonnée par les juges d'instruction en charge de cette affaire sensible et qui mettait hors de cause les forces de l'ordre.

Cette querelle d'experts intervient dans un contexte de manifestations aux États-Unis et dans d'autres pays à la suite de la mort de George Floyd, un homme noir américain de 46 ans, mort asphyxié par un policier blanc, aux États-Unis, la semaine passée.

«Aujourd'hui, quand on se bat pour George Floyd, on se bat pour Adama Traoré», a lancé Assa Traoré, sœur aînée d'Adama, face à plusieurs milliers de manifestants réunis devant le tribunal judiciaire de Paris, à l'appel du comité de soutien à sa famille.

«Nécessaire de se battre contre les violences policières»

Dans la foule étaient brandies des pancartes affichant «Black Lives Matter» («la vie des noirs compte»), «Silence = asphyxie» ou encore «Décolonisons la police».

«On estime que c'est nécessaire de se battre contre les violences policières qui gangrènent la société. (...) On est les générations futures et on doit se bouger pour faire changer les choses», ont dénoncé Zoé Pezron et Emma Courtinat, deux étudiantes en histoire de l'art.

Les autorités policières, à commencer par le préfet de police de Paris, Didier Lallement, et le directeur général de la police nationale, Frédéric Veaux, ont dénoncé mardi les accusations de violence et de racisme visant leurs agents.

Le rassemblement mardi soir, interdit par la préfecture de police en raison de l'état d'urgence sanitaire, a été maintenu par ses organisateurs, qui ont dénoncé «une tentative d'intimider ceux qui réclament la justice».

Des expertises contradictoires

Le 19 juillet 2016, Adama Traoré était décédé dans la caserne de Persan, près de deux heures après son arrestation dans sa ville de Beaumont-sur-Oise (Val-d'Oise) au terme d'une course poursuite et après avoir échappé à une première interpellation un jour de canicule.

Depuis, aux expertises judiciaires qui écartent la responsabilité des gendarmes répondent celles, commandées par la famille, qui balayent leurs conclusions.

La dernière expertise ordonnée par les magistrats écartait la responsabilité des forces de l'ordre en attribuant la mort à un «œdème cardiogénique» lié à l'état de santé d'Adama Traoré.

(L'essentiel/afp)