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23 octobre 2020 21:07; Act: 23.10.2020 21:16 Print

Peter Cherif refuse de parler au procès Charlie

«Je ne répondrai à aucune question»: le vétéran du jihad, Peter Cherif, a tenu vendredi vingt minutes de silence concernant son lien avec les attentats de janvier 2015.

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Depuis la maison d'arrêt où il est incarcéré, Peter Cherif, pull bleu clair et masque sur le visage, a commencé à réciter d'une voix monocorde une prière en arabe. (photo: AFP)

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«Je ne répondrai à aucune question»: le vétéran du jihad Peter Cherif a opposé vendredi vingt longues minutes de silence à la cour d'assises spéciale de Paris qui l'entendait sur sa possible implication dans les attentats de janvier 2015. Il est près de 18h quand le visage de ce témoin-clé, présenté par certains comme l'instigateur de la tuerie de Charlie Hebdo, apparaît enfin sur l'écran, après de multiples tentatives pour obtenir sa venue en visio-conférence.

Mais les murmures de soulagement lâchés dans la salle d'audience sont de courte durée. Depuis la maison d'arrêt francilienne où il est incarcéré, Peter Cherif, pull bleu clair et masque sur le visage, commence à réciter d'une voix monocorde une prière en arabe. «Au nom de Dieu le clément et le miséricordieux, le seul témoignage que je vous apporterai aujourd'hui c'est celui de l'unité de Dieu, d'Abraham, de Moïse, de Jésus et du prophète Mahomet», déclame-t-il ensuite en français.

«On m'a forcé à venir»

Le président de la cour d'assises Régis de Jorna insiste, rappelle qu'il est entendu «comme simple témoin», étant mis en cause dans une instruction toujours en cours liée aux attentats de janvier 2015, depuis son arrestation en décembre 2018 à Djibouti et son expulsion vers la France. Après un long monologue du président de la cour, ce proche des frères Kouachi finit par lâcher: «On m'a forcé à venir pour témoigner sur une affaire pour laquelle je n'ai rien à voir».

«Je n'ai pas cette attitude et ce comportement dans le but de provoquer, de choquer», assure Peter Cherif, avant de conclure: «À partir de maintenant, je ne vais plus répondre à aucune question». Eloignant sa chaise de la table, il croise les jambes. Peter Cherif, mis en examen pour «association de malfaiteurs terroriste» criminelle dans un volet disjoint de l'enquête, est soupçonné d'avoir facilité l'intégration en 2011 d'un des frères Kouachi au sein d'Al-Qaida dans la péninsule arabique (Aqpa), organisation qui a revendiqué la tuerie de Charlie Hebdo.

(L'essentiel/afp)