France/Grand Est

14 janvier 2020 11:42; Act: 14.01.2020 12:05 Print

Jugés pour avoir tué un retraité avec un sabre

STRASBOURG - Le procès en appel de deux frères qui ont tué en octobre 2016 un retraité d'un coup de sabre, pour un butin de 110 euros, s'est ouvert mardi, à Strasbourg.

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Lors du procès en première instance, les deux frères, aujourd'hui âgés de 28 et 30 ans, avaient été condamnés à 22 ans de réclusion, assortis d'une période de sûreté des deux-tiers.

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Le procès a débuté malgré la grève des avocats et la demande de renvoi formulée par les avocats de la défense. La Cour a rejeté cette demande, suivant l'avis de l'avocat général, Alexandre Chevrier, qui a jugé difficile de renvoyer l'audience sans infliger une épreuve supplémentaire à la veuve de la victime. M. Chevrier a également souligné que les deux frères se trouvaient en détention provisoire depuis trois ans, de sorte qu'un renvoi de près d'un an de l'affaire poserait des problèmes de délai raisonnable.

Lors du procès en première instance, les deux frères, aujourd'hui âgés de 28 et 30 ans, avaient été condamnés à 22 ans de réclusion, assortis d'une période de sûreté des deux-tiers, pour extorsion de fonds avec violences ayant entraîné la mort. Une peine supérieure aux réquisitions du parquet, qui avait demandé 20 ans. Les deux frères avaient fait appel.

La victime, un retraité de 63 ans, se trouvait avec son épouse dans leur camping-car sur un parking de Bourbach-le-Haut (Haut-Rhin), un village des Vosges alsaciennes, après une journée de randonnée, quand les deux frères avaient fait irruption dans le véhicule pour leur demander de l'argent, armés d'un pistolet à grenaille et d'un katana (NDLR: un sabre japonais).

«Guillaume est complètement sous la coupe d'Alexandre»

Le retraité avait été mortellement blessé par un coup porté à l'abdomen avec le sabre. Les assaillants avaient pris la fuite avec un butin de 110 euros. Le plus jeune des deux frères, Guillaume, avait porté les coups. Il a expliqué avoir tenté de repousser le retraité, qui voulait s'emparer du pistolet braqué par son frère, Alexandre. «Ils reconnaissent les faits mais ils n'ont eu à aucun moment l'intention de donner la mort», a insisté Jean-Christophe Loew, l'avocat d'Alexandre, avant l'ouverture du procès en appel.

Pour Me Marylène Correia, qui représente la famille de la victime, «il y a un auteur moral et un auteur qui a porté le coup fatal: Alexandre est l'instigateur et l'auteur moral et doit être condamné de la même façon que son frère». «La justice ne serait pas rendue si Alexandre avait moins que Guillaume», selon elle, alors que «Guillaume est complètement sous la coupe d'Alexandre». Le verdict est attendu vendredi.

(L'essentiel/afp)