France/Grand Est

22 septembre 2020 19:23; Act: 23.09.2020 10:55 Print

Une étudiante agressée pour avoir porté une jupe

STRASBOURG - Une enquête a été ouverte après la plainte déposée par une étudiante, qui affirme avoir été frappée et insultée en pleine rue, à Strasbourg, par trois hommes.

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«Une plainte a été déposée au commissariat central de Strasbourg (dimanche) par une jeune femme qui a relaté une agression commise sur sa personne», vendredi, vers 14h, «par trois individus qui lui reprochaient de porter une jupe», a indiqué dans un communiqué la direction départementale de la sécurité publique (DDSP) du Bas-Rhin. Selon la DDSP, l'agression a eu lieu «quai des Alpes», un endroit fréquenté en lisière du centre-ville.

Une enquête a été ouverte «pour violences commises en réunion suivies d'une incapacité n'excédant pas huit jours», précise le communiqué, selon lequel la police procède «actuellement au recueil de témoignages et à l'exploitation des images de vidéo-protection». La jeune femme, une étudiante strasbourgeoise de 22 ans prénommée Élisabeth, a détaillé son agression à France Bleu Alsace.

Un coup de poing en plein visage

Elle rentrait chez elle à pied lorsqu'elle a croisé trois jeunes hommes: «L'un d'eux me dit: "Regardez cette pute en jupe"», explique-t-elle dans une vidéo diffusée mardi sur le site de la radio et dans laquelle on distingue clairement son œil droit tuméfié. Élisabeth lâche un «pardon?» mais s'entend aussitôt répondre: «Tu te tais salope et tu baisses les yeux».

Deux de ses agresseurs lui empoignent alors chacun un bras tandis que le troisième lui assène un coup de poing en plein visage, avant que le trio ne prenne la fuite, selon la jeune femme. Selon elle, une quinzaine de témoins ont assisté à la scène mais aucun ne l'a aidée ni appelé les secours. Élisabeth a posté sur les réseaux sociaux des photos de son visage après l'agression, suscitant de très nombreuses réactions indignées.

Un «courage inouï»

«Toutes formes de violences sexistes et sexuelles dans l'espace public sont inadmissibles et je les condamne fermement», a réagi la ministre déléguée à l'Égalité femmes-hommes, Élisabeth Moreno, disant avoir demandé au ministère de l'Intérieur de se saisir de ce cas.

Maire EELV de Strasbourg, Jeanne Barseghian a salué le «courage inouï» de la jeune femme pour avoir pris «la parole publiquement». «J'ai le sentiment qu'on en est encore au Moyen Âge sur ces questions», a-t-elle ajouté. Sur Twitter, la députée européenne centriste et ancienne maire de Strasbourg, Fabienne Keller, s'est dite «choquée par ces actes révoltants qui se multiplient dans des proportions alarmantes».

(L'essentiel/afp)