Hommage aux États-Unis

04 juin 2020 23:09; Act: 05.06.2020 12:10 Print

8 min et 46 sec de silence pour George Floyd

Jeudi soir, un hommage était rendu à George Floyd, victime de la police, à Minneapolis, aux États-Unis.

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La cousine et le neveu de George Floyd pendant l'hommage. (photo: AFP/Stephen Maturen)

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«Tu as changé le monde George»: le leader américain des droits civiques Al Sharpton a prononcé, jeudi, lors d'une cérémonie en hommage à George Floyd, un émouvant éloge funèbre, aux accents politiques empreints de tristesse mais également d'espoir pour un monde meilleur, avec la promesse de «continuer le combat».

Famille, responsables religieux ou politiques et célébrités étaient rassemblés à l'université chrétienne North Central de Minneapolis pour honorer la mémoire de cet Afro-américain, dont la mort à 46 ans sous le genou d'un policier blanc, le 25 mai, a déclenché une profonde vague de colère, à travers les États-Unis.

La cérémonie, en présence de personnalités noires comme le rappeur T.I. ou le comique Kevin Hart, a commencé par une émouvante interprétation de «Amazing Grace» après que le maire, blanc, de Minneapolis, s'est agenouillé en pleurs devant le cercueil.

Elle a notamment été marquée par une période de silence de 8 minutes et 46 secondes, le temps pendant lequel le policier Derek Chauvin est resté agenouillé sur le cou de George Floyd, malgré ses supplications.

Prenant la parole, le frère du défunt, Philonise Floyd, a dénoncé sous les applaudissements "la pandémie de racisme et de discrimination" qui l'a emporté.

Le révérend Al Sharpton, figure du mouvement de défense des droits civiques, a prononcé un éloge funèbre très politique.

«Ce qui est arrivé à Floyd arrive tous les jours dans ce pays»

«George Floyd ne devrait pas être parmi les morts. Il n'est pas mort d'un problème de santé commun. Il est mort d'un dysfonctionnement commun du système judiciaire américain», a-t-il déclaré, voyant dans le genou qui a écrasé le cou de George Floyd, le symbole de l'oppression des Afro-américains aux États-Unis, depuis l'époque de l'esclavage.

«Ce qui est arrivé à Floyd arrive tous les jours dans ce pays, dans les secteurs de l'éducation, des services de santé et dans tous les aspects de la vie américaine. Il est temps pour nous de nous lever en hommage à George et de dire: "Enlevez vos genoux de nos cous"», a-t-il proclamé, appelant la police à rendre des comptes.

À Donald Trump, qui a fait évacuer manu militari les abords de la Maison-Blanche, lundi soir, pour poser devant une église, bible à la main, le pasteur baptiste de 65 ans a conseillé d'«ouvrir la bible».

«Je prêche depuis mon plus jeune âge, et je n'ai jamais vu quelqu'un tenir une bible comme ça, mais passons», a-t-il dit.

Une autre cérémonie est prévue samedi, en Caroline du Nord, avant les funérailles, lundi, à Houston, au Texas.

(L'essentiel/afp)