Coronavirus en Bolivie

07 juillet 2020 07:21; Act: 07.07.2020 09:49 Print

À bout, ils laissent le cercueil en pleine rue

À Cochabamba, les victimes du Covid-19 s’accumulent et les autorités ne savent plus que faire des corps. Des familles sont désemparées.

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Comme ses voisins d’Amérique latine, la Bolivie paie un lourd tribut au coronavirus. À Cochabamba, dans le centre du pays, les autorités ne savent plus que faire des corps qui s’accumulent. Les pelleteuses travaillent à grande vitesse pour agrandir le principal cimetière de la ville, trop étroit pour accueillir toutes les victimes de la pandémie. «Malheureusement, le cimetière municipal est saturé», a déclaré le responsable régional de la santé, Yecid Mamani, selon qui «beaucoup de morts attendent encore dans les domiciles et les hôpitaux».

Cette situation tendue donne lieu à des scènes dramatiques. Pour attirer l’attention des autorités, des habitants ont abandonné au milieu d’une avenue une brouette contenant un cercueil emballé dans un sac noir. Quelques fleurs ont été déposées et sur un panneau, on peut lire l’inscription: «Repose en paix, sept jours, mort du Covid-19». Le cercueil est entouré d’une banderole rouge avertissant d’un «danger» et indiquant aux passants de ne pas s’approcher.

Les voisins du cimetière se rebellent

Selon le site Intolerancia, la famille du défunt ne peut plus garder le cercueil à la maison, de peur de contracter la maladie et de ne pas trouver de place pour son enterrement ou sa crémation. En signe de protestation et dans l’espoir d’obtenir une aide, les proches de la victime ont opté pour ce geste fort. Selon un voisin, cinq familles du quartier sont dans la même situation désespérée. Des scènes similaires se sont répétées pendant plusieurs jours dans les rues de cette ville de 600 000 habitants, ainsi qu’aux portes du cimetière.

Pris à la gorge, les employés des pompes funèbres réclament davantage d’espace pour les enterrements ou la création d’un cimetière réservé aux victimes du Covid-19. Choqués par la mort d’un de leurs collègues, les employés du cimetière exigent de leur côté un test de dépistage de toute urgence. Le maire a autorisé la création de plus de fosses communes dans le cimetière et l’agrandissement du crématorium. Mais en signe de protestation, les voisins du cimetière bloquent le passage des véhicules avec des pierres et des branches d’arbres. Ils craignent d’être contaminés.

(L'essentiel/joc)