Explosions au Liban

05 août 2020 07:07; Act: 05.08.2020 17:05 Print

Au moins 113 morts et 4 000 blessés à Beyrouth

L'entrepôt du port de Beyrouth, qui a explosé mardi soir, contenait quelque 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium. Le bilan fait état d'au moins 113 morts et 4 000 blessés.

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Environ 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium étaient stockées dans l’entrepôt du port de Beyrouth qui a explosé mardi, provoquant au moins 113 morts selon le dernier bilan communiqué mercredi après-midi par les autorités libanaises, des milliers de blessés, des dizaines de disparus et des dégâts sans précédent dans la capitale libanaise, a dénoncé le Premier ministre Hassan Diab. «Il est inadmissible qu’une cargaison de nitrate d’ammonium, estimée à 2 750 tonnes, soit présente depuis six ans dans un entrepôt, sans mesures de précaution», a-t-il déclaré devant le Conseil supérieur de défense qui a tenu une réunion d’urgence.

«C’est inacceptable et nous ne pouvons pas nous taire sur cette question», a-t-il ajouté selon des propos rapportés par un porte-parole en conférence de presse. Le nitrate d’ammonium est un engrais chimique et également composant d’explosifs.

«L'air est toxique, quittez la ville»

Dans les ruines fumantes du port de Beyrouth, au milieu des immeubles éventrés, les secouristes tentaient mercredi de retrouver des victimes, au lendemain des deux énormes explosions qui ont fait au moins 78 morts et des milliers de blessés. La capitale libanaise, déclarée ville «sinistrée», s'est réveillée sous le choc, après ces explosions d'une telle puissance qu'elles ont été enregistrées par les capteurs de l'institut américain de géophysique (USGS) comme un séisme de magnitude 3,3.

Dans l'épicentre de l'explosion, dont le souffle a été ressenti jusque sur l'île de Chypre, à plus de 200 kilomètres de là, le paysage reste apocalyptique: les conteneurs ressemblent à des boîtes de conserve tordues, les voitures sont calcinées, le sol jonché de valises et de papiers provenant des bureaux avoisinants, soufflés par l'explosion. Même des Casques bleus ont été grièvement blessés à bord d'un navire amarré dans le port, selon la mission de l'ONU, au Liban.

Le ministre de la santé libanais Hamad Hasan a pour sa part conseillé à toutes les personnes qui peuvent le faire de fuir Beyrouth. Hasan, cité par les médias locaux, a affirmé que les matières dangereuses rejetées dans l'air après des explosions pourraient avoir des effets mortels à long terme.

Le gouvernement libanais a par ailleurs décrété mercredi l'état d'urgence pendant deux semaines pour la ville de Beyrouth, a annoncé en conférence de presse la ministre de l'Information, Manal Abdel Samad, précisant qu'«un pouvoir militaire suprême sera immédiatement chargé des prérogatives en matière de sécurité».

(L'essentiel/afp)