Procès «Charlie Hebdo»

05 septembre 2020 09:06; Act: 05.09.2020 09:14 Print

«Hayat ne m'a jamais dit où elle était»

La sœur d'Hayat Boumeddiene, compagne du tueur de l'Hyper Cacher, Amédy Coulibaly, en 2015, a révélé vendredi au procès avoir eu un contact téléphonique avec elle. Mais...

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Le dernier échange remonte «à octobre 2019», a assuré la sœur aînée d’Hayat Boumeddiene devant la Cour d’assises spéciale de Paris.

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La sœur d’Hayat Boumeddiene, jugée en son absence au procès des attentats de janvier 2015 à Paris, a révélé vendredi avoir eu un dernier contact téléphonique en octobre 2019 avec celle qui est considérée comme une figure du djihadisme, tout en assurant ne pas savoir où elle se trouvait. Le dernier échange remonte «à octobre 2019», a assuré la sœur aînée d’Hayat Boumeddiene devant la Cour d’assises spéciale de Paris, qui l’entendait comme témoin au cours du procès. Elle lui aurait dit se trouver dans un camp, sans préciser lequel.

Cette déclaration vient accréditer le témoignage d’une Française rentrée de Syrie, Sonia M., qui a affirmé l’avoir vue, en octobre 2019, dans l’immense camp de réfugiés syrien d’Al-Hol. Selon cette «revenante», entendue dans le cadre d’une autre procédure, Hayat Boumeddiene s’en serait depuis échappée, possiblement vers Idlib.

Partie pour la zone irako-syrienne

Hayat Boumeddiene, compagne du tueur de la supérette juive parisienne Hyper Cacher, Amédy Coulibaly, et figure du djihadisme féminin, est jugée depuis mercredi en son absence pour son rôle dans les attentats contre le journal satirique Charlie Hebdo, une policière municipale à Montrouge (sud de Paris) et l’Hyper Cacher, qui avaient fait 17 morts en janvier 2015.

Partie pour la zone irako-syrienne quelques jours avant les attaques en compagnie des frères Belhoucine, jugés par défaut eux aussi dans ce procès, elle a été un temps donnée pour morte, jusqu’aux déclarations de cette «revenante», en juillet. «Savez-vous où est votre sœur au jour d’aujourd’hui?» a insisté vendredi le président de la Cour d’assises, Régis de Jorna. «Elle ne me l’a jamais dit», a assuré la sœur aînée d’Hayat Boumeddiene, en précisant n’avoir pas fait état auprès de la police de l’appel reçu en octobre 2019.

Sa sœur garde l'espoir

«Je vous sens un peu contrainte, un peu limitée dans vos déclarations. Est-ce parce que vous avez une volonté de maintenir ces liens que vous ne voulez pas trop noircir le tableau? Est-ce que vous nous avez dit tout ce que vous avez à dire?» lui a demandé l’avocate générale, Julie Holveck. «Je ne peux pas me souvenir de toutes les conversations que j’ai eues», a justifié la témoin, disant essayer «d’éclairer la justice». «Je maintiens ce lien parce que j’ai espoir qu’elle me dise un jour "Je veux revenir en France"», a-t-elle expliqué.

Hayat Boumeddiene, poursuivie pour «association de malfaiteurs terroriste criminelle» et «financement du terrorisme», encourt 20 ans de réclusion criminelle.

(L'essentiel/afp)