Vente aux enchères

08 décembre 2019 18:22; Act: 09.12.2019 13:15 Print

Les affaires d'Hitler iront à un institut juif

L'homme qui a acheté des objets ayant appartenu à Adolf Hitler a expliqué qu'il les donnerait au mémorial de la Shoah à Jérusalem, Yad Vashem.

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Un homme d'affaires libano-suisse a déclaré dimanche avoir acheté des objets ayant appartenu à Adolf Hitler et les remettre à des organisations juives. Lors d'une vente aux enchères le 20 novembre à Munich, Abdallah Chatila a déboursé environ 600 000 euros pour acquérir huit objets, dont un chapeau haut-de-forme porté par Hitler. S'il avait d'abord envisagé de les brûler, il a finalement décidé de les remettre au Keren Hayessod, un organisme de collecte de fonds israélien, qui a proposé de les confier à Yad Vashem, le mémorial de la Shoah à Jérusalem.

Ce fut une décision «très facile» à prendre, a confié M. Chatila. Craignant que ces objets «ne tombent entre de mauvaises mains, j'ai considéré que je n'avais pas d'autre choix que d'aider la cause». «Aujourd'hui, avec la désinformation, les médias, le pouvoir que procure Internet, avec les réseaux sociaux», quelqu'un d'autre pourrait manipuler le public, a-t-il poursuivi. Les objets, toujours à Munich, devraient être transférés à Yad Vashem et s'ajouter à une collection d'effets personnels de nazis, pour lutter contre le négationnisme. Mais ils ne seront pas exposés de façon permanente, a précisé Avner Shalev, directeur du musée.

Né en 1974 à Beyrouth dans une famille de joailliers chrétiens, M. Chatila a fait fortune dans les diamants et l'immobilier à Genève. Il est l'une des 300 plus grandes fortunes de Suisse et soutient notamment l'aide aux réfugiés syriens et libanais. La vente aux enchères avait suscité un tollé en Allemagne, notamment dans la communauté juive. Mais pour le président de l'Association juive européenne, le rabbin Menachem Margolin, le geste de M. Chatila reste un message fort contre le racisme et la xénophobie. D'autant plus qu'il émane d'une personne non-juive et d'origine libanaise, selon lui, alors que le Liban et Israël sont techniquement en état de guerre.

(L'essentiel/afp)