Au Nicaragua

28 octobre 2020 07:56; Act: 28.10.2020 10:56 Print

Les «fake news» désormais punies par la loi

Le Parlement du Nicaragua a approuvé mardi, une loi punissant la propagation de «fausses nouvelles» de peines pouvant aller jusqu’à cinq années de prison.

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La loi rend passible de quatre ans de prison la «propagation de fausses nouvelles», la sanction pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison si celles-ci «incitent à la haine et à la violence». (photo: AFP)

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L’opposition nicaraguayenne voit cette loi, adoptée par les députés fidèles au président Daniel Ortega, comme un instrument de «répression». Le texte a été adopté par 70 voix provenant des députés du Front sandiniste de libération nationale (FSLN, au pouvoir), alors que seize députés d’opposition au président Daniel Ortega se sont prononcés contre, y voyant une «loi bâillon» et soulignant que le pouvoir s’érige désormais en seul juge de la vérité.

«C’est terminé pour les menteurs, ceux qui participent à l’industrie du mensonge sur les réseaux sociaux, ceux qui fabriquent et diffusent de fausses informations qui créent le trouble, la peur et l’angoisse, qui affectent la stabilité économique et l’ordre public», s’est félicité le député du FSLN, Emilio Lopez.

«Appels à la haine» proscrits

La loi rend passible de quatre ans de prison la «propagation de fausses nouvelles», la sanction pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison si celles-ci «incitent à la haine et à la violence». Si «l’information déformée» porte atteinte à l’honneur d’une personne ou d’une famille, elle sera passible d’une peine d’un à trois ans de prison, prévoit le texte. La sanction pourra aller jusqu’à dix ans de prison en cas «d’espionnage informatique».

«On ne va plus permettre les appels à la haine (…) au chaos via un moyen de communication», s’est exclamé Emilio Lopez. La loi, a-t-il averti, sera notamment appliquée contre ceux qui demandent des élections anticipées, une des principales revendications de l’opposition lors du soulèvement populaire du printemps 2018 contre le gouvernement du président Ortega.

Une loi «contre l’opposition»

Le député sandiniste a ajouté que la loi visait également ceux «qui ont dit que des milliers et des milliers de Nicaraguayens ont été contaminés (par le coronavirus) et que des milliers en sont morts». Des réseaux indépendants de médecins et de citoyens ont encore récemment mis en doute les statistiques officielles faisant état au Nicaragua (6,2 millions d’habitants) de plus de 4 900 cas avérés, dont 147 morts. Les sources indépendantes comptabilisent au moins 10 258 cas suspects et 2 721 morts qui pourraient être dus au nouveau coronavirus.

C’est une loi «orientée contre l’opposition» et qui va «enflammer le climat de répression, a dénoncé de son côté Azucena Castillo, députée membre du parti d’opposition de droit, le Parti libéral constitutionnaliste (PLC). Elle vise «à réprimer ceux qui pensent que le gouvernement s’est engagé dans une mauvaise voie», s’est également indigné le président du groupe parlementaire du PLC, Maximino Rodriguez.

Pour l’opposition au président Ortega, la loi contre les fausses nouvelles ainsi que celle cataloguant comme «agent étranger» toute personne ou entité recevant des subsides de l’extérieur, approuvée il y a deux semaines, ont pour but de contrôler et réprimer les adversaires politiques du président Ortega.

Accès aux données informatiques

Le ministère de l’Intérieur, la police et l’entreprise publique de télécommunications Telcor sont chargés d’enquêter et de poursuivre les délits prévus par la loi et de présenter leurs auteurs présumés à la justice. Outre les fausses nouvelles, cette loi sanctionne notamment le harcèlement sur les réseaux sociaux, la manipulation de données, les fraudes informatiques, la révélation d’informations classifiées et la révélation d’informations personnelles sensibles.

Les juges pourront autoriser la police à accéder aux données informatiques des suspects et obliger les fournisseurs d’accès à Internet à fournir les données d’un suspect. La loi s’appliquera aussi bien aux faits commis à l’intérieur qu’à l’extérieur du territoire national: une disposition qui vise les exilés qui militent sur les réseaux sociaux ou sur Internet contre le gouvernement, selon l’opposition.

(L'essentiel/ATS/NXP)

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Les commentaires les plus populaires

  • Pelo Melo le 28.10.2020 10:48 Report dénoncer ce commentaire

    Vivement que cela s'applique partout; surtout l'espionnage informatique et l'atteinte à la vie privée pour nuire à la réputation d'autrui.

  • Benoit brise C... le 28.10.2020 08:55 Report dénoncer ce commentaire

    Très bonne décision

Les derniers commentaires

  • Pelo Melo le 28.10.2020 10:48 Report dénoncer ce commentaire

    Vivement que cela s'applique partout; surtout l'espionnage informatique et l'atteinte à la vie privée pour nuire à la réputation d'autrui.

  • Benoit brise C... le 28.10.2020 08:55 Report dénoncer ce commentaire

    Très bonne décision