Au Kenya

20 octobre 2020 09:42; Act: 20.10.2020 10:55 Print

Les lacs atteignent des niveaux alarmants

Baringo et les autres grands lacs de la Vallée du Rift au Kenya ont atteint des niveaux inégalés après des mois de précipitations inhabituelles.

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Scrutant la surface du lac, recouverte de hyacinthes d’eau, le chef du village peine à situer la ferme où il a passé toute sa vie et que l’eau a complètement engloutie cette année. Seule la pointe du toit de chaume émerge des eaux troubles du lac Baringo, à près de 300 km au nord de Nairobi, qui a gonflé à des niveaux records, au point de submerger villages entiers, écoles, dispensaires et complexes touristiques.

«J’ai 60 ans et je n’ai jamais vu ou vécu quelque chose comme ça», explique Richard Lichan Lekuterer, son regard s’arrêtant sur les cimes d’acacias dépassant à peine de l’eau, témoignage cruel d’un paysage complètement chamboulé. Baringo et les autres grands lacs de la Vallée du Rift au Kenya ont atteint des niveaux inégalés en plus de 50 ans, certains augmentant de plusieurs mètres pour cette seule année, après des mois de précipitations inhabituelles que les scientifiques attribuent au changement climatique.

«C’était comme la vitesse du vent»

Certes, à travers les âges, ces vastes retenues d’eau ont tour à tour gonflé puis reflué. Mais la montée actuelle des niveaux dépasse tout ce que les riverains ont connu. «C’était comme la vitesse du vent», explique M. Lekuterer, qui a dû déménager plus à l’intérieur des terre en mars et se prépare à recommencer devant la progression constante de l’eau. Ce phénomène provoque d’importantes inondations le long de la chaîne de lacs qui s’étend sur plus de 500 km le long d’une faille géologique, depuis le lac Turkana au nord jusqu’au lac Naivasha au sud.

Des dizaines de milliers de personnes ont été contraintes de se déplacer tandis que l’eau envahissait inexorablement fermes et pâturages. «Ça n’avait jamais été aussi mauvais», constate Murray Roberts, qui a vécu presque 70 ans sur les berges du lac Baringo où il a œuvré à réhabiliter des terres appauvries par l’érosion. Ainsi, Baringo a gonflé de plus de 70 km² depuis 2011, un phénomène qui s’est fortement accéléré cette année, inondant les bureaux de M. Roberts et un centre de santé non loin. Sa maison d’enfance et un complexe touristique abritant un camping et des maisons à louer ont entièrement disparu sous la surface.

Déforestation

Et «l’eau continue de monter». Comme à Baringo, la montée du niveau du lac Naivasha a commencé timidement il y a dix ans, suscitant alors une forme de soulagement après plusieurs années de sécheresse. Mais en avril, la montée s’est accélérée et le lac a atteint un de ses pics historiques, celui de 1960. Il s’approche actuellement de son record enregistré au début du XXe siècle.

Selon les observations de l’Autorité (publique) des ressources en eau (WRA), le niveau du lac a monté de 2,7 m entre avril et juin, l’eau progressant de 500 m dans les terres. Les scientifiques explorent plusieurs raisons à cette montée des eaux et se demandent notamment si la déforestation en amont, dans la vaste forêt Mau, n’est pas en partie responsable. Les eaux de pluie ne sont plus retenues par la forêt et se déversent dans les lacs, chargées de limons.

D’autres pistes, moins concluantes pour le moment, se penchent sur l’activité sismique, des infiltrations des nappes phréatiques ou des cycles naturels de flux et reflux. «Les choses ont changé... Les effets sont plus prononcés qu’il y a 50 ans», constate Mohamed Shurie, géologue et directeur du WRA. Un phénomène climatique spécifique à l’océan Indien a provoqué ces dernières années des précipitations plus soutenues qu’en temps normal en Afrique de l’Est, faisant gonfler les rivières qui se déversent dans les lacs. Plus au sud, deux autres lacs essentiels aux oiseaux migrateurs, Elementaita et Nakuru, débordent également, le second étant au plus haut depuis un demi-siècle.

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • censuré le 20.10.2020 10:09 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    pendant ce temps là au sud de Madagascar la sécheresse prévaut depuis des années.

  • censuré le 20.10.2020 12:49 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Madagascar a 30% de terres rares inexploitées dans son sous-sol mais pour il y a la sécheresse

  • olivier le 20.10.2020 09:57 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    La diminution de l'eau des lacs en Afrique est aussi à cause de l'augmentation massive des matières premières pour produire des batteries à grande échelle et qui polluent les lacs par la suite. Au Luxembourg avec la consommation d'eau potable on aurait jamais accepté l'extraction de minéraux pour pouvoir produire des batteries.

Les derniers commentaires

  • Stefen le 20.10.2020 13:19 Report dénoncer ce commentaire

    Surprenant, l'article a oublié de parler du changement climatique, ce qui le rend d'autant plus intéressant. Il est clair que la déforestation tue la planète et cette déforestation est dûe à la surpopulation parce que les africains comme tout le monde ont besoin de se chauffer et cosntruire des maisons.

    • Jeje le 20.10.2020 17:05 Report dénoncer ce commentaire

      La deforestation ne vient pas parce que "les africains ont besoin de construire des maisons" (d'ailleurs, ils utilisent peu de bois mais plutôt de la terre) mais simplement parce que des sociétés (notamment chinoises) ont besoin de resources en bois considérables qu'ils exportent tout cela.

  • censuré le 20.10.2020 12:49 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Madagascar a 30% de terres rares inexploitées dans son sous-sol mais pour il y a la sécheresse

  • censuré le 20.10.2020 10:09 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    pendant ce temps là au sud de Madagascar la sécheresse prévaut depuis des années.

  • olivier le 20.10.2020 09:57 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    La diminution de l'eau des lacs en Afrique est aussi à cause de l'augmentation massive des matières premières pour produire des batteries à grande échelle et qui polluent les lacs par la suite. Au Luxembourg avec la consommation d'eau potable on aurait jamais accepté l'extraction de minéraux pour pouvoir produire des batteries.

    • QuelleEspèceIntelligente le 20.10.2020 13:42 Report dénoncer ce commentaire

      Mais il nous faut des batteries pour tout. C'est le progrès; on est super développé, vous savez. N'arrêtons pas le progrès, enfermons-nous pour le télétravail, soyons "en ligne" 24H/24H, voyageons en avion, ramenons nos enfants à l'école tous en voiture privée. Ah, comme nous sommes intelligents.

    • Quidam le 20.10.2020 22:31 Report dénoncer ce commentaire

      C'est faux, Olivier. La Lorraine a de très grands gissements de lithium utilisé pour les batteries. Mais ce gissement est très profond, + de 1000m ou 10.000m. Il est ou va être exploité par pompage des eaux à cet profondeur, puis extrait de l'eau. Il y avait un article de l'essentiel sur ce sujet il y a quelques temps. Et je ne vois pas pourquoi vous parlez d'assèchement des lacs africains alors que l'article parle du contraire?!