En Égypte

04 février 2016 17:57; Act: 04.02.2016 18:07 Print

Un étudiant italien retrouvé mort supplicié

Un étudiant italien, qui avait disparu au Caire il y a dix jours, a été retrouvé mort dans un fossé, à moitié dénudé, avec des traces de sévices sur le corps. Rome exige la vérité.

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«Il avait des bleus et des blessures sur tout le corps, en particulier sur le visage et dans le dos, et le bas était dénudé». (photo: AFP)

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Giulio Regeni, 28 ans, doctorant à l'université britannique de Cambridge, faisait des recherches pour une thèse sur les mouvements ouvriers en Égypte, quand il a mystérieusement disparu le 25 janvier au centre de la capitale égyptienne, le jour du 5e anniversaire de la révolte populaire de 2011 qui mit fin au régime de Hosni Moubarak.

Le corps du jeune homme a été retrouvé mercredi dans un fossé en bordure d'une route, sur la commune du 6 Octobre, une banlieue du Caire, a annoncé jeudi à l'AFP Hossam Nassar, magistrat du parquet qui a constaté sa mort. «Il s'agit d'un meurtre», a-t-il assuré. «Il avait des bleus et des blessures sur tout le corps, en particulier sur le visage et dans le dos, et le bas était dénudé», a confirmé à l'AFP Ahmed Nagui, chef du parquet chargé des affaires criminelles au Caire.

Une bavure policière?

Le rapport du parquet évoque aussi «des brûlures de cigarettes autour des yeux et sur la plante des pieds». «Nous voulons que soit révélé de manière complète et approfondie ce qui est arrivé», a exigé le ministre italien des Affaires étrangères Paolo Gentiloni sur la télévision italienne RAI. À Londres pour une rencontre sur la Syrie, M. Gentiloni s'est entretenu avec son homologue égyptien Sameh Choukri et les deux ministres se sont mis d'accord pour «renforcer la coopération et la coordination entre les deux parties afin de déterminer les causes du drame», selon un communiqué des Affaires étrangères égyptiennes.

Rome a réclamé au Caire «une enquête commune avec la participation d'experts italiens». Toutes les hypothèses restent ouvertes sur la mort de l'étudiant italien dont celle du crime crapuleux. Mais les réseaux sociaux et les milieux diplomatiques au Caire évoquent avec insistance celle d'une possible bavure policière, dans un pays où la police et les services de renseignements sont accusés régulièrement par les organisations de défense des droits de l'Homme d'arrêter et de détenir sans procès, voire de violenter ou torturer.

(L'essentiel/AFP)