Attentats de Paris

10 janvier 2020 11:15; Act: 10.01.2020 12:19 Print

Abdeslam raconte le soir de l'attaque en cellule

Mutique face aux autorités, le seul survivant du commando terroriste du 13 novembre a été bien plus bavard devant ses codétenus. Un document glaçant a été déclassifié, à l'approche du procès.

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Le jihadiste a été enregistré lors d'une conversation avec deux codétenus, peu après son arrestation en Belgique. (photo: AFP/John Thys)

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C'est un moment que les proches des victimes des attentats du 13 novembre 2015 à Paris attendent avec impatience. Dans les prochaines semaines, Salah Abdeslam sera jugé pour «meurtres et tentatives en relation avec une entreprise terroriste». Le rôle exact qu'a joué le seul survivant du commando terroriste sera au cœur du procès. L'individu de 30 ans est incarcéré depuis près de quatre ans à Fleury-Mérogis, où il est constamment surveillé par des caméras.

En octobre 2019, un document de neuf pages, versé au dossier juste avant la fin de l'enquête, a été déclassifié. Le Parisien révèle qu'il s'agit d'écoutes réalisées par la sûreté de l'État belge au printemps 2016, à l'époque où Abdeslam était incarcéré à Bruges. Tout au long de ses auditions, le terroriste n'a jamais livré d'explications sur les attaques ou le rôle qu'il y a joué. Le jeune homme apparaissait presque comme un homme s'étant ravisé juste avant de passer à l'acte, par peur de mourir. Ce document déclassifié est donc une mine d'informations précieuses: il révèle le vrai visage de Salah Abdeslam.

«Avec la sacoche et tout, on dirait que j'avais de grosses fesses»

Le jihadiste a été enregistré lors d'une conversation avec deux codétenus, peu après son arrestation en Belgique. Les deux voisins de cellule d'Abdeslam ne sont pas des inconnus: il s'agit de Mehdi Nemmouche, auteur de l'attentat du musée juif de Bruxelles en mai 2014, et de Mohamed Bakkali, soupçonné d'être un logisticien des commandos du 13 novembre. D'un ton enjoué, mélangeant le français et l'arabe, le terroriste raconte ce qu'il a vécu le soir des attentats. Il explique notamment avoir fui la ville et abandonné sa Clio, après avoir déposé trois kamikazes au Stade de France.

Abdeslam raconte ensuite comment il s'est débarrassé de son gilet explosif. «T'avais déjà jeté la truc (la ceinture explosive)?», demande Mohamed Bakkali. «Oui évidemment, t'es ouf ou quoi? (rires) En fait, j'ai demandé un renseignement à un type. Il m'a regardé de la tête aux pieds: il regardait ma veste. Il voyait qu'il y avait quelque chose de bizarre. On dirait que je faisais 90 kg, mon frère. Avec la sacoche et tout, on dirait que j'avais de grosses fesses. C'était trop voyant, je savais que je devais m'en débarrasser», explique-t-il à ses codétenus.

La voix toujours guillerette, Abdeslam décrit ensuite à ses complices son... passage au Mc Donald's. «T'as acheté un petit truc?», lui demande Bakkali. «Au drive, tu vois, au drive? J'ai pris un Menu Fish», répond le jihadiste. «T'es un tueur hein!», réplique son complice en riant. C'est en se restaurant à Châtillon, en banlieue de Paris, qu'il fait connaissance avec un groupe de jeunes. «J'ai parlé avec eux parce qu'en fait, ils avaient un appareil et, tu vois, il y avait les actualités. Ça me permettait d'être à jour», explique Abdeslam. À ce moment-là, ses complices étaient en train de massacrer 90 personnes au Bataclan.

Vient alors son exfiltration vers la Belgique. Alors que la France est en état d'urgence, Abdeslam et ses complices se font interviewer à un barrage par une équipe de télévision belge! «Elle me dit. «Vous trouvez normal qu'il y ait des barrages comme ça?» J'ai dit: «Oui c'est normal, vu les circonstances, il faut bien renforcer les barrages hein! J'étais à l'arrière», s'amuse le jihadiste, qui à l'époque, n'avait pas encore été identifié.

Finalement, le jeune homme raconte son arrestation, survenue à Bruxelles, en mars 2016. Il explique à ses acolytes qu'il est inquiet, parce qu'il a perdu une lettre rédigée par ses soins lors de l'interpellation. «Elle est tombée de ma poche. (...) Je dois me méfier ou bien? J'ai pas mis mon nom dessus, tu crois qu'ils savent (peuvent) savoir si c'est la mienne?», demande-t-il à Nemmouche, qui lui conseille de se taire face aux enquêteurs. Cette précieuse lettre, qui n'a jamais été retrouvée, contenait le serment d'allégeance d'Abdeslam à l'EI.

(L'essentiel/joc)

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Les commentaires les plus populaires

  • baboun le 10.01.2020 12:32 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    au cachot à vie pour le faire réfléchir ou seul sur une petite île lointaine déserte entourée de requins.

  • salfra le 10.01.2020 14:55 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ce qui est le plus choquant c’est qu’il soit enfermé avec deux autres terroristes !

  • Pas d'accord le 10.01.2020 13:42 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    @Baboon , vous voulez payer son transfert ou son train de vie en prison ? il est radical, que la justice le soit également !

Les derniers commentaires

  • MarcC le 11.01.2020 15:45 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Si l’on doit remettre la peine de mort en service, alors on est pas mieux qu’eux

  • Fabienne le 11.01.2020 09:38 Report dénoncer ce commentaire

    C'est un opportuniste ! Bête, imbu de sa personne, qui n'a pas l'air de mesurer les conséquences graves dramatiques de sa connerie !

  • bonsens le 11.01.2020 09:20 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Je ne comprends pas à quoi il va réfléchir ou faire seul au cachot, c’est la même chose. Il y a aucun intérêt social à l’enfermer à vie. 15-20 ans c’est déjà énorme. Réfléchissez-y au delà de votre propre haine.

  • mesde le 11.01.2020 08:25 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    On réfléchi beaucoup mais pour eux une solution radical en une seul prise ,la mort.

  • jeff le 11.01.2020 07:06 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Que la police fasse comme dans un temps lointain : « il a tenté de s’évader en prenant l’arme d’un gardien on a du répliquer à ses tirs, pas de chance pour lui »...